Donald Trump scelle un accord pétrolier historique avec le Venezuela : 65 milliards de barils en jeu

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 33 lectures
Donald Trump scelle un accord pétrolier historique avec le Venezuela : 65 milliards de barils en jeu

Washington et Caracas ont officialisé vendredi un accord pétrolier qualifié d’« historique » par les deux parties, promettant de mobiliser plus de 100 milliards de dollars d’investissements pour exploiter 65 milliards de barils de pétrole vénézuélien. Ce partenariat, présenté comme le « plus grand accord de l’histoire mondiale » par Donald Trump, vise à doubler les réserves américaines et à relancer l’économie du Venezuela, tout en réduisant la dépendance énergétique des États-Unis face aux tensions au Moyen-Orient.

Un partenariat aux ambitions colossales

L’accord prévoit le développement de 17 champs pétrolifères stratégiques, avec un potentiel estimé à 65 milliards de barils, et des recettes fiscales de plus de 209 milliards de dollars pour l’État vénézuélien. Selon les déclarations officielles, les États-Unis prendront le contrôle majoritaire de ces réserves, tandis que des entreprises privées américaines seront associées au projet. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a salué une « transaction historique » qui, selon elle, soutiendra des milliers d’emplois et permettra la « reconstruction de l’économie vénézuélienne ».

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé un engagement de près de 100 milliards de dollars d’investissements privés dans le pays, tout en soulignant l’impact positif sur les prix de l’essence aux États-Unis. Donald Trump a affirmé que cet accord « ne coûtera rien aux contribuables américains » et permettrait de « réduire considérablement le prix de l’essence pour tous les Américains pendant de nombreuses années ».

Un contexte énergétique sous tension

Cet accord intervient alors que les réserves stratégiques américaines (SPR) sont à leur plus bas niveau depuis 1982, en raison des perturbations d’approvisionnement liées à la guerre au Moyen-Orient. Washington a déjà annoncé la libération progressive de 172 millions de barils de ses réserves pour stabiliser les cours. Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde (plus de 303 milliards de barils), voit sa production limitée par des infrastructures vétustes et des sanctions passées.

Depuis le début de l’année, les États-Unis ont multiplié les initiatives pour relancer l’exploitation pétrolière et gazière vénézuélienne, notamment après la capture de Nicolas Maduro lors d’un raid militaire en janvier. Cependant, les réticences des entreprises américaines persistent en raison des risques politiques et des expropriations passées, comme celle subie par ExxonMobil à deux reprises.

Des zones d’ombre et des défis persistants

Plusieurs analystes et experts soulignent les « zones d’ombre » de cet accord. John Kilduff, analyste chez Again Capital, évoque la nécessité pour les États-Unis de créer une « zone d’État » sécurisée pour les entreprises américaines, afin d’éliminer les risques politiques inhérents aux investissements au Venezuela. Jorge R. Pinon, chercheur à l’Université du Texas, met en garde contre les risques de changement brutal des « règles du jeu » par un futur gouvernement vénézuélien, tandis qu’Oswaldo Felizzola, expert pétrolier, estime que les projets pourraient prendre « de nombreuses années » avant de porter leurs fruits.

Elias Ferrer, fondateur du think tank Orinoco Research, qualifie l’annonce de « jeu de récits » autour d’accords déjà en cours de négociation, soulignant que l’achat de brut vénézuélien était déjà garanti. Pour lui, Donald Trump instrumentalise cet accord dans un contexte de flambée des prix de l’énergie et de tensions géopolitiques accrues.

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