Le président américain Donald Trump a intensifié ses pressions commerciales sur le Canada en ciblant directement le constructeur aéronautique Bombardier. Par une série de déclarations virulentes, il exige désormais que l'entreprise canadienne relocalise sa production sur le sol américain sous peine de se voir exclue du marché des États-Unis.
Un ultimatum fondé sur la balance commerciale
La rhétorique présidentielle s'appuie sur une critique directe du modèle économique de Bombardier. Donald Trump souligne que plus de la moitié du chiffre d'affaires de la multinationale est réalisée grâce à des clients, des infrastructures aéroportuaires et des services basés aux États-Unis. Pour le locataire de la Maison Blanche, cette dépendance commerciale sans contrepartie industrielle locale est devenue inacceptable. Il impose désormais une condition stricte pour le maintien de l'accès au marché américain : l'obligation de produire sur place, en cohérence avec sa doctrine « America First ».
Le différend persistant sur la certification Gulfstream
Cette offensive s'inscrit dans un contentieux plus large et ancien entre Washington et Ottawa. Le président américain lie explicitement ses menaces contre Bombardier à la décision des autorités canadiennes de ne pas certifier les jets de la société américaine Gulfstream Aerospace. Ce blocage est perçu par l'administration américaine comme une mesure protectionniste injuste. Déjà en janvier dernier, Donald Trump avait évoqué la possibilité de révoquer les certifications des aéronefs canadiens en guise de représailles, une menace qu'il remet aujourd'hui au centre des échanges diplomatiques.
Une escalade des tensions transfrontalières
La remise en cause de la présence de Bombardier aux États-Unis s'ajoute à une série de mesures protectionnistes visant le Canada. Fin août, la Maison Blanche a instauré des droits de douane de 50 % sur les importations d'acier et sur les véhicules et pièces automobiles en provenance du pays voisin. Cette crispation des relations bilatérales se manifeste également par des décisions symboliques fortes, telles que le renommage unilatéral du lac Ontario en « lac Amérique » par l'administration américaine, une modification déjà répercutée sur certains outils de cartographie numérique. Ces tensions croissantes font peser une incertitude majeure sur les échanges industriels entre les deux partenaires nord-américains.