Le président américain Donald Trump a défendu sa récente décision d'ouvrir le marché des États-Unis au diesel russe en soulignant les importations énergétiques persistantes de l'Union européenne en provenance de Moscou. Cette manœuvre, qui s'inscrit dans une stratégie affichée de priorité nationale, suscite une vive controverse tant au sein du Congrès américain que sur la scène internationale, alors que le conflit en Ukraine se poursuit.
Un accord commercial sous haute tension
L'administration américaine a officialisé, le 9 octobre, un accord prévoyant l'importation immédiate de 300 000 tonnes de diesel russe, avec une montée en charge prévue à 500 000 tonnes en novembre, puis un million de tonnes par la suite. Pour permettre ces transactions, le Département du Trésor a suspendu les sanctions applicables jusqu'en avril 2027. Cette décision, prise après un entretien entre Donald Trump et Vladimir Poutine, vise à répondre à la hausse des prix du carburant sur le marché américain.
La controverse sur la dépendance énergétique
La justification avancée par la Maison-Blanche repose sur une critique directe de la politique énergétique européenne. Donald Trump a rappelé que l'Union européenne a versé des centaines de milliards de dollars à la Russie pour ses besoins énergétiques depuis février 2022. Si la part du gaz russe dans les importations européennes a chuté de 45 % avant la guerre à 12 % en 2025, les volumes globaux de paiements restent significatifs, atteignant plus de 200 milliards d'euros selon le Centre de recherche sur l'énergie et l'air pur (CREA). Des voix au sein du camp républicain, à l'instar du sénateur Lindsey Graham, appuient cette ligne en qualifiant d'hypocrites les critiques européennes face à l'impossibilité pour le Vieux Continent de se sevrer totalement des hydrocarbures russes.
Réactions politiques et incertitudes sur le terrain
L'annonce a provoqué une levée de boucliers au Congrès, où six sénateurs ont exigé une annulation immédiate de la mesure, déplorant l'absence de consultation parlementaire. De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a fermement condamné cet accord, y voyant une décision affaiblissant le soutien occidental et finançant indirectement l'effort de guerre russe. Bien que Donald Trump ait affirmé qu'un cessez-le-feu énergétique avait été conclu entre Moscou et Kiev, la réalité du terrain semble contredire cette déclaration, des frappes russes ayant été signalées contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes dès le lendemain de l'annonce.