La 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies s'ouvre dans un climat de profonde divergence entre l'administration américaine et les partisans d'une coopération mondiale renforcée. Alors que Donald Trump s'apprête à prendre la parole, son discours intervient dans un contexte de remise en cause structurelle du multilatéralisme, marquée par des coupes budgétaires et des retraits d'agences onusiennes par Washington.
La confrontation sur le multilatéralisme
Le président américain maintient une posture critique envers l'institution, exigeant des réformes drastiques et ayant déjà acté le retrait des États-Unis de plusieurs branches, dont l'Organisation mondiale de la santé et l'UNESCO. Face à cette ligne, le premier ministre canadien Mark Carney s'est imposé comme un défenseur actif de la collaboration internationale. Il plaide pour une union des puissances intermédiaires afin de répondre aux crises globales, qu'il s'agisse du changement climatique, de l'instabilité financière ou des conflits armés.
Tensions commerciales et alliances stratégiques
La diplomatie canadienne, portée par M. Carney, cherche à tisser des liens plus étroits entre l'Union européenne et l'Accord de partenariat transpacifique global et progressiste. Cette stratégie de rapprochement, illustrée par l'ouverture de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à une adhésion du Canada en tant que « membre associé », a suscité une vive réaction de Donald Trump. Le président américain a qualifié cette perspective d'« acte hostile », exacerbant les tensions déjà palpables après des négociations commerciales bilatérales conclues dans un climat difficile.
Le dossier israélo-palestinien en point de mire
L'Assemblée générale sera également le théâtre d'un nouveau bras de fer diplomatique concernant la solution à deux États. Mark Carney coorganise un événement sur ce sujet avec la France et le Royaume-Uni, pays ayant déjà reconnu l'État palestinien. Cette initiative se heurte à l'opposition frontale de Donald Trump, qui considère une telle reconnaissance comme une récompense accordée au Hamas. Ces divergences sur le Proche-Orient s'ajoutent aux griefs de l'administration américaine sur l'efficacité de l'ONU, que le président Trump juge incapable de résoudre les conflits mondiaux par le seul dialogue.