Donald Trump contre les énergies vertes : comment l'économie américaine tourne le dos à sa croisade politique

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Donald Trump contre les énergies vertes : comment l'économie américaine tourne le dos à sa croisade politique
Photo par Guohua Song sur Pexels

Alors que Donald Trump multiplie les coups de frein aux énergies vertes, le marché américain accélère dans l’autre sens. Entre subventions expirantes, besoins colossaux en électricité et rentabilité des projets, les renouvelables s’imposent comme la solution la plus pragmatique – y compris dans les États les plus conservateurs.

Une guerre perdue d’avance contre les éoliennes écossaises

L’histoire personnelle de Donald Trump avec les énergies renouvelables remonte à plus de vingt ans. Son opposition viscérale à un parc éolien au large d’Aberdeen, en Écosse, face à son golf de 18 trous, a forgé son rejet des renouvelables. Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président républicain mène une offensive tous azimuts contre l’éolien et le solaire, privilégiant les énergies fossiles et le nucléaire. Pourtant, ses tentatives de sabotage se heurtent à une réalité implacable : le marché américain des énergies vertes est en pleine expansion, porté par des logiques économiques que même ses alliés politiques ne peuvent ignorer.

Le Texas, bastion républicain, champion des renouvelables

Le Texas incarne mieux que tout autre État le paradoxe énergétique américain. Profondément ancré dans les hydrocarbures, il reste le cœur battant de la production pétrolière et gazière du pays. Pourtant, c’est aussi le premier producteur d’électricité éolienne des États-Unis, avec plus d’un quart de la capacité nationale en 2025. Cette année, le solaire devrait même dépasser le charbon pour la première fois. En 2026, l’État installera 40 % des nouvelles capacités solaires du pays et 53 % du stockage par batteries. Une performance qui s’explique par des ressources naturelles exceptionnelles, des terres abondantes et un cadre réglementaire favorable aux projets à bas coût.

L’argent plutôt que l’idéologie : la logique économique l’emporte

Malgré les subventions accordées à TotalEnergies et RWE pour abandonner des projets éoliens en mer, les chiffres sont sans appel. Selon le US Grid Outlook 2026 de S&P, les États-Unis ajouteront cette année plus de 90 gigawatts (GW) de nouvelles capacités, dont 51 GW de solaire et 13 GW d’éolien. À titre de comparaison, toutes les autres sources d’énergie (gaz, géothermie, hydroélectricité, nucléaire) ne dépasseront pas 10 GW. Cette dynamique s’explique par trois facteurs clés : la demande exponentielle des data centers, la volatilité des coûts des énergies fossiles et la stabilité des prix des renouvelables. Les projets verts bénéficient en effet de coûts bas et prévisibles, de délais de développement réduits et d’une absence de dépendance aux chaînes d’approvisionnement en combustibles.

La fin des subventions, accélérateur involontaire de la transition

La loi budgétaire « One Big Beautiful Bill », votée en 2025, a créé une course contre la montre pour les développeurs. Pour conserver leurs crédits d’impôt, ils devaient démarrer leurs projets avant le 4 juillet 2026. Beaucoup n’y sont pas parvenus, mais cette échéance a accéléré les investissements. Selon l’Agence fédérale d’information sur l’énergie (EIA), les ajouts sur le réseau devraient être encore plus importants en 2027 pour le solaire et les batteries de stockage. Une tendance qui confirme que, malgré les tentatives de freinage politique, la transition énergétique américaine est désormais une réalité économique incontournable.

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