Le président américain Donald Trump a publiquement suggéré qu'il était temps pour l'Ukraine de changer de dirigeant, en réaction aux vives critiques de Volodymyr Zelensky concernant la suspension des sanctions sur les exportations de diesel russe. Ce désaccord met en lumière une divergence stratégique majeure entre Washington et Kiev sur la gestion de l'effort de guerre et la stabilité des marchés énergétiques mondiaux.
La levée des sanctions sur le diesel russe
L'administration américaine a confirmé la suspension des sanctions pesant sur les exportations de diesel russe jusqu'au 7 avril. Cette décision, présentée par Donald Trump comme un levier pour faire baisser les prix du carburant aux États-Unis avant les élections de mi-mandat, intervient dans un contexte d'inflation persistante. Le coût du diesel, fortement impacté par le conflit en cours depuis février, pèse sur l'opinion publique américaine et constitue un enjeu politique interne de premier plan pour la Maison-Blanche.
Le désaccord sur les frappes contre les raffineries
Au cœur de la tension se trouve la stratégie militaire ukrainienne. Donald Trump a sommé Volodymyr Zelensky de cesser les attaques contre les raffineries russes, arguant que ces opérations déstabilisent l'économie mondiale et contredisent les recommandations américaines. Le président américain a reproché à son homologue ukrainien de chercher à créer des problèmes internationaux au lieu de privilégier des solutions négociées, affirmant que le dirigeant ukrainien n'a jamais saisi les opportunités de conclure des accords.
La réaction de Kiev et la position européenne
Volodymyr Zelensky a fermement condamné cet allègement des sanctions, estimant qu'il offre à Moscou des revenus supplémentaires pour financer son effort de guerre et poursuivre les bombardements sur les villes ukrainiennes, notamment à Zaporizhzhia. Cette analyse est partagée par la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Elle a souligné que le moment n'est pas à la levée de la pression sur la Russie, annonçant que l'Union européenne prépare un nouveau train de sanctions, le plus important depuis le début du conflit, pour contrer les capacités financières russes.