Donald Duke conteste la viabilité économique du projet d'autoroute côtière Lagos-Calabar

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 6 lectures
Donald Duke conteste la viabilité économique du projet d'autoroute côtière Lagos-Calabar

Le projet d'autoroute côtière reliant Lagos à Calabar fait l'objet d'une vive controverse entre l'ancien gouverneur de l'État de Cross River, Donald Duke, et le gouverneur de l'État de Bayelsa, Douye Diri. Au cœur du débat : la soutenabilité financière de l'ouvrage et la pertinence des priorités budgétaires du gouvernement fédéral nigérian face aux besoins sociaux critiques du pays.

Une divergence sur la faisabilité technique et financière

Si le gouverneur Douye Diri soutient la constructibilité de l'autoroute en s'appuyant sur l'existence d'infrastructures similaires en zone marécageuse dans le delta du Niger, Donald Duke rejette cette vision. Pour l'ancien gouverneur, la faisabilité technique ne justifie pas l'impraticabilité économique du projet. Il qualifie le gouverneur de Bayelsa de « champion local » pour avoir défendu le tracé sous un angle régional, là où lui-même prône une analyse centrée sur la capacité financière globale du Nigeria.

Soupçons de captation foncière et incohérence du tracé

Donald Duke remet en cause la dénomination même du projet, qu'il préférerait voir nommé « autoroute côtière de Lagos », doutant que la liaison jusqu'à Calabar soit jamais finalisée. Au-delà des défis logistiques, il dénonce une opération qui, selon lui, dissimulerait des intérêts privés liés à la récupération de terres et au remblayage. Il pointe également l'incohérence de la planification, s'interrogeant sur la décision tardive de dévier le tracé vers l'autoroute Est-Ouest, une option qui aurait dû, selon lui, être intégrée dès la conception initiale.

Le débat sur les priorités budgétaires nationales

L'argument central de Donald Duke repose sur l'endettement du pays. Il affirme que le gouvernement fédéral emprunte pour financer les premiers tronçons, notamment celui d'Epe, alors que les ressources nationales sont limitées. Pour illustrer ce qu'il considère comme une mauvaise gestion des priorités, il compare les investissements colossaux alloués aux infrastructures routières aux faibles décaissements observés dans le secteur de la santé. Il souligne qu'en dépit d'un budget sectoriel substantiel, les fonds réellement débloqués pour la santé publique restent dérisoires, posant ainsi la question de la cohérence de l'action publique face aux besoins fondamentaux des citoyens.

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