L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a confirmé son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, tout en fustigeant les récentes prises de position d'Édouard Philippe sur l'immigration. Il accuse ce dernier de fragiliser les principes républicains en adoptant une rhétorique de surenchère qui, selon lui, ne fait que renforcer la dynamique du Rassemblement national.
Une divergence sur le droit d'asile à Mayotte
Au cœur de la critique de Dominique de Villepin se trouvent les propositions formulées par Édouard Philippe lors de son récent déplacement à Mayotte. Le chef du parti Horizons y a préconisé un « moratoire total » sur l'immigration, incluant une remise en cause du droit du sol, du droit d'asile et du regroupement familial. Pour l'ancien Premier ministre, appliquer de telles exceptions dans un département français constitue une entorse grave aux valeurs républicaines, soulevant la question de la pérennité de ces mêmes droits sur le territoire hexagonal.
Le risque de la surenchère politique
Dominique de Villepin estime que cette stratégie de fermeté affichée par Édouard Philippe est contre-productive. En entrant dans une logique de surenchère, il considère que l'ancien maire du Havre « fait le jeu » de Marine Le Pen. Selon son analyse, les électeurs seront toujours enclins à préférer l'original à la copie, rendant cette posture politique inefficace face à l'extrême droite. Il a également qualifié la proposition de référendum sur l'immigration portée par Jordan Bardella d'« énième surenchère » éloignée des règles constitutionnelles.
Vers une candidature hors primaires
Bien que sa candidature ne soit pas encore officiellement déclarée pour le scrutin prévu en avril et mai 2027, Dominique de Villepin a levé toute ambiguïté sur ses intentions, affirmant qu'il confirmera son engagement dès l'ouverture formelle de la campagne. Crédité de 2 % dans les intentions de vote actuelles, il a d'ores et déjà écarté l'idée de participer à une primaire. Il qualifie ce processus de « dernier gadget des désespérés », privilégiant une démarche qu'il souhaite plus directe et en rupture avec les modes de fonctionnement partisans actuels.