L’ancien Premier ministre Dominique de Villepin a vivement critiqué la proposition du Rassemblement national (RN) d’organiser un référendum sur l’immigration, qualifiant cette initiative de « formule magique » inefficace pour résoudre les défis structurels du pays.
Un référendum présenté comme une solution miracle
Jordan Bardella, président du RN, a détaillé samedi sur BFMTV les contours de son projet : suppression du droit du sol, expulsion systématique des délinquants étrangers, et priorité nationale dans l’accès aux aides sociales. Une proposition que Dominique de Villepin a qualifiée de « surenchère » politique, loin des réalités économiques et sociales.
Selon lui, cette approche ignore les besoins des entreprises en main-d’œuvre et le rôle de l’immigration dans le fonctionnement des services publics, comme les hôpitaux. « Comment vous faites fonctionner l’hôpital aujourd’hui sans recours à cette immigration ? », a-t-il interrogé, soulignant l’absurdité d’une politique d’exclusion totale.
L’immigration, un levier économique et démographique
Dominique de Villepin a défendu une vision plus nuancée, insistant sur la nécessité d’une immigration « maîtrisée » et « légale ». Pour lui, diaboliser toute forme d’immigration menace à la fois l’économie française et les valeurs républicaines. Il a pointé du doigt le vieillissement démographique du pays, qui rend l’apport de travailleurs étrangers indispensable à la croissance.
« Nous avons besoin d’une certaine immigration pour faire avancer notre pays », a-t-il affirmé, tout en condamnant les discours qui opposent les populations entre elles. Cette position s’inscrit dans une critique plus large des stratégies politiques actuelles, qu’il juge trop souvent centrées sur l’exclusion plutôt que sur des solutions collectives.
Une campagne présidentielle déjà marquée par la polarisation
Le débat sur l’immigration illustre une tendance plus large de la campagne présidentielle, où les candidats rivalisent de propositions radicales. Dominique de Villepin a critiqué Édouard Philippe, en déplacement à Mayotte la semaine dernière, l’accusant de « faire le jeu » de Marine Le Pen en reprenant ses thématiques. Pour l’ancien Premier ministre, cette surenchère ne fait que renforcer les divisions et affaiblir la cohésion nationale.
Alors que certains candidats misent sur des mesures symboliques, comme le référendum, Villepin plaide pour une approche plus pragmatique, intégrant les réalités économiques et sociales. Une position qui pourrait redéfinir les contours du débat politique à l’approche de 2027.