La reine de la country Dolly Parton s’éteint à 80 ans, laissant derrière elle un héritage bien plus large que la musique : celui d’une icône de tolérance, chérie par la communauté LGBT+ pour son ouverture d’esprit et son refus des normes conservatrices.
Une icône malgré les origines conservatrices
Née dans le Tennessee rural, Dolly Parton a bâti sa légende en défiant les attentes d’un Sud américain encore marqué par le puritanisme. Son parcours, marqué par des origines modestes et une personnalité flamboyante, en a fait une figure paradoxale : adulée dans les milieux conservateurs, elle est devenue une référence pour les personnes LGBT+, souvent marginalisées dans ces mêmes régions. Son style exubérant, ses paillettes et ses bottes country ont inspiré des générations de drag queens et de membres de la communauté, qui y voient un symbole de liberté.
Un engagement discret mais constant pour les droits LGBT+
Malgré une posture politique prudente, Dolly Parton n’a jamais caché son soutien à la cause LGBT+. En 2019, elle a détourné les paroles de son tube *Jolene* pour en faire un hymne à la drag culture, et en 2023, elle est intervenue publiquement pour bloquer un projet de loi texan criminalisant les spectacles de drag queens. Son approche, teintée d’humour et de bienveillance, a permis de faire passer des messages d’acceptation dans des milieux où les préjugés restent tenaces. « Les gens sont ce qu’ils sont, et je ne suis pas Dieu pour les juger », avait-elle déclaré, invoquant même la Bible pour justifier son ouverture d’esprit.
Un message de tolérance ancré dans la foi chrétienne
Son éducation religieuse, marquée par l’influence de son grand-père pasteur pentecôtiste, a paradoxalement nourri son engagement en faveur de l’inclusivité. Pour Nadine Hubbs, professeure à l’Université du Michigan, Dolly Parton a su concilier foi chrétienne et amour du prochain, offrant une voie médiane pour les communautés conservatrices du Sud. « Elle a montré qu’il était possible d’aimer et d’accepter les autres dans un cadre profondément chrétien », souligne la chercheuse. Son titre *Family*, sorti en 1991, était d’ailleurs un plaidoyer explicite en faveur de la communauté gay, alors stigmatisée par l’épidémie de sida.
Un héritage qui dépasse les frontières musicales
Pour les membres de la communauté LGBT+, Dolly Parton incarne une figure libératrice, surtout pour ceux issus de milieux familiaux ou religieux hostiles. « Elle a déjoué les attentes à bien des égards », confie Cameron Austin, une jeune femme de 28 ans originaire du Tennessee, qui voit en elle un modèle d’ouverture. Son message, à la fois joyeux et subversif, continue de résonner comme un appel à l’acceptation, bien au-delà des salles de concert. Comme le résume Brigitte Bandit, drag queen texane : « C’est une diva. J’espère que les gens écouteront son message et s’en inspireront. »