Dix-sept ans après le massacre du 28 septembre 2009, qui a coûté la vie à au moins 156 personnes lors d'un rassemblement au stade de Conakry, la quête de justice demeure une priorité pour les organisations de défense des droits humains. La FIDH, l'OGDH et l'Avipa ont officiellement interpellé les autorités guinéennes pour réclamer la fixation immédiate d'un calendrier pour les procès en appel, soulignant que le processus judiciaire doit impérativement aboutir pour garantir la dignité des victimes.
L'exigence d'une justice complète pour les victimes
Si les organisations saluent les efforts de l'État guinéen dans le processus d'indemnisation des 334 victimes recensées, elles insistent sur la nécessité d'aller au-delà du simple volet financier. Asmaou Diallo, présidente de l'Avipa, rappelle que la réparation intégrale des préjudices subis, incluant les violences sexuelles massives commises lors de la tragédie, est indissociable de la poursuite des procédures judiciaires jusqu'à leur terme. Pour ces associations, le versement de compensations ne saurait se substituer à l'établissement des responsabilités pénales.
Inquiétudes sur l'état des libertés publiques
Au-delà du dossier du 28 septembre, la mission de plaidoyer menée à Conakry par le président de la FIDH, Alexis Deswaef, a mis en lumière une dégradation préoccupante du climat des droits humains dans le pays. Les échanges avec le Premier ministre Amadou Oury Bah et le ministre de la Justice Ibrahima Sory 2 Tounkara ont permis d'aborder le rétrécissement de l'espace civique et démocratique, jugé alarmant par les observateurs internationaux.
L'impératif d'enquêtes sur les disparitions forcées
La découverte récente de fosses communes en Guinée constitue un point de tension majeur. La FIDH exhorte les autorités à diligenter des enquêtes approfondies et impartiales pour faire la lumière sur ces cadavres, dont le lien avec des disparitions forcées est fortement suspecté par les défenseurs des droits humains. Cette exigence de vérité s'inscrit dans une volonté plus large de lutter contre l'impunité et de restaurer la confiance dans les institutions judiciaires du pays.