Le dixième anniversaire de l'association Vacances Vertes a été l'occasion pour sa fondatrice, Khady Camara, de réaffirmer le rôle moteur des femmes dans la transition agroécologique au Sénégal. Ce plaidoyer met en lumière l'urgence de valoriser les initiatives locales féminines pour répondre aux défis environnementaux et structurels qui pèsent sur les zones rurales.
Une transition ancrée dans les territoires
Pour Khady Camara, la transition écologique ne doit pas rester une notion théorique mais s'appuyer sur les savoir-faire et les ressources des communautés locales. Depuis une décennie, Vacances Vertes déploie des programmes de sensibilisation et d'autonomisation, impliquant activement la jeunesse et les populations rurales. Ces actions, allant du reboisement aux campagnes d'éducation environnementale, visent à transformer les pratiques agricoles pour les rendre plus résilientes face aux chocs climatiques.
L'urgence face à la dégradation des sols
Les territoires ruraux sénégalais font face à une accumulation de contraintes majeures : érosion des sols, baisse de la fertilité, stress hydrique et pertes de récoltes récurrentes. Face à ce constat, l'association prône une agriculture économe en ressources naturelles. L'enjeu est de taille pour la sécurité alimentaire et la durabilité des systèmes de production, nécessitant une approche qui préserve les écosystèmes tout en garantissant la viabilité des exploitations.
Le paradoxe de la main-d'œuvre agricole
La question de la reconnaissance des femmes se heurte à une réalité foncière et économique persistante. Bien que les femmes constituent environ 70 % de la main-d'œuvre agricole au Sénégal, leur accès à la propriété foncière demeure extrêmement limité, oscillant entre 4 % et 11 % selon les données de mars 2026. Ce déséquilibre structurel freine l'autonomisation des agricultrices et limite leur capacité à investir durablement dans leurs terres. La présence du ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle et technique, Idrissa Samb, lors de cette célébration, souligne l'intérêt des pouvoirs publics pour ces enjeux de valorisation des compétences féminines dans le secteur agricole.