Le président Bassirou Diomaye Faye pourrait être contraint d’envisager un recours radical pour sortir le Sénégal d’une crise politique aux relents de blocage institutionnel. Invité du « Grand Jury » le 30 août 2026, l’ancien ministre Oumar Youm a plaidé en faveur d’une dissolution de l’Assemblée nationale, jugeant que la configuration actuelle du Parlement ne permet plus une cohabitation sereine avec l’Exécutif. Selon lui, cette mesure serait le seul moyen de clarifier les rapports de force et d’éviter une dégradation durable des équilibres démocratiques.
Une Assemblée nationale en crise de légitimité
Pour Oumar Youm, la crise qui secoue le Sénégal dépasse les simples divergences politiques entre l’Exécutif et le Parlement. Le maire de Thiadiaye dénonce un « parlementarisme débridé », où l’institution parlementaire, sous la direction du président Ousmane Sonko, cherche à s’imposer comme un « centre d’impulsion politique » au détriment de l’équilibre des pouvoirs. Cette situation, selon lui, menace la stabilité des institutions et pourrait avoir des répercussions sur la crédibilité internationale du pays.
Dissolution : un remède radical aux blocages persistants
L’ancien ministre, qui a servi sous Macky Sall, estime que la dissolution de l’Assemblée nationale est la seule issue viable pour sortir de l’impasse. Il argue que le Parlement, dans sa configuration actuelle, ne pourra « tenir encore trois ans » sans aggraver les tensions. Pour lui, une clarification des rapports de force politiques est indispensable pour rétablir un fonctionnement institutionnel normal. Il met en garde contre les risques d’une crise prolongée, qui pourrait affecter non seulement la démocratie, mais aussi l’économie et la réputation du Sénégal sur la scène internationale.
Un appel à l’action pour le chef de l’État
Oumar Youm a appelé Bassirou Diomaye Faye à assumer ses responsabilités en prenant une décision forte. Il qualifie la crise de « profonde » et de « sérieuse », soulignant que l’inaction pourrait avoir des conséquences irréversibles. Son plaidoyer s’inscrit dans un contexte où les tensions autour de la déclaration de politique générale du Premier ministre illustrent l’ampleur des désaccords. La question reste désormais de savoir si le président optera pour cette solution radicale, ou s’il privilégiera d’autres voies pour apaiser les tensions.