La dissolution de l’Assemblée nationale sénégalaise, longtemps portée en sourdine par le camp présidentiel, franchit une étape décisive avec l’adhésion d’un acteur clé de l’opposition. Barthélémy Dias, ancien maire de Dakar, a en effet rejoint le camp des partisans d’un retour aux urnes, qualifiant l’Hémicycle de « cirque » et exigeant la tenue des élections locales sans délai.
Un ralliement stratégique pour la dissolution
L’appel à dissoudre l’Assemblée nationale, jusqu’alors défendu principalement par des figures proches du président Bassirou Diomaye Faye, trouve désormais un écho dans la société civile politique. Barthélémy Dias, figure historique de l’opposition, a rompu avec la ligne traditionnelle de son parti en critiquant ouvertement l’actuelle majorité parlementaire. Son intervention publique, où il dénonce un « cirque » institutionnel, renforce la crédibilité de la demande de dissolution, perçue jusqu’ici comme une manœuvre partisane.
Cette convergence entre un acteur extérieur au conflit direct entre le président et son principal opposant, Ousmane Sonko, donne une nouvelle dimension à la crise. Dias, en s’alignant sur une position initialement portée par Sonko lui-même, légitime davantage la démarche présidentielle. Le chef de l’État, en position d’arbitre, pourrait ainsi se présenter comme le garant du respect du calendrier républicain, plutôt que comme un acteur engagé dans une bataille politique.
Élections locales : un test de légitimité pour l’exécutif
Au-delà de la dissolution, Barthélémy Dias a rappelé l’urgence des élections locales, qu’il considère comme incontournables et non reportables. Pour lui, le président Faye doit garantir leur tenue dans les meilleurs délais, afin que les Sénégalais puissent exercer leur droit de suffrage. Cette exigence, loin de fragiliser la présidence, place au contraire Bassirou Diomaye Faye en position de force : en respectant scrupuleusement le calendrier institutionnel, il se positionne comme le défenseur de la stabilité démocratique, face à une Assemblée nationale de plus en plus contestée.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de tensions institutionnelles persistantes. Depuis plusieurs mois, des voix issues de la société civile, comme celle d’Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, alertent sur les risques d’une « guérilla » parlementaire et appellent à une mobilisation citoyenne pacifique. Le soutien de Dias à la dissolution de l’Assemblée s’ajoute à ces alertes, renforçant la pression sur les institutions pour une résolution rapide de la crise.