Le coordinateur sud-africain du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Micah Reddy, et son assistant local, Kooki Mahmoud, sont portés disparus à Djibouti depuis le 19 septembre 2026. Leur disparition a déclenché des appels pressants de la part d’organisations de défense de la presse pour obtenir des explications officielles et garantir leur sécurité.
Une enquête en cours sur la disparition de Micah Reddy
Micah Reddy, journaliste d’investigation reconnu pour ses travaux sur la corruption et les réseaux politico‑économiques, séjournait dans un hôtel de la capitale djiboutienne lorsqu’il a cessé d’être contactable. Son fixeur, Kooki Mahmoud, l’accompagnait dans la collecte d’informations liées à une enquête de longue durée. Les proches de Reddy ont immédiatement alerté les autorités sud‑africaines et britanniques, compte tenu de sa double nationalité, afin de lancer des procédures de recherche et de protection consulaire.
Réactions des organisations de défense de la presse
Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a exigé que le gouvernement djiboutien confirme la situation de Reddy et de son assistant, et, le cas échéant, les libère sans délai. Reporters sans frontières (RSF) a, de son côté, demandé l’ouverture d’une enquête officielle, rappelant que la disparition s’inscrit dans un « rétrécissement de l’espace de la liberté de la presse à Djibouti ». Ces organisations soulignent que le silence des autorités pourrait alimenter un climat d’impunité pour les journalistes qui enquêtent sur des sujets sensibles.
Le contexte de la liberté de la presse à Djibouti
En 2026, Djibouti se classe 167e sur 180 pays dans le classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF, reflétant des restrictions croissantes, des pressions judiciaires et des cas de détentions arbitraires. La disparition de Reddy vient s’ajouter à une série d’incidents où des reporters ont été empêchés d’exercer leur métier librement, renforçant les inquiétudes quant à la capacité du pays à garantir la sécurité des acteurs de l’information.
Implications pour les journalistes d’investigation en Afrique
Ce cas met en lumière les risques encourus par les journalistes qui poursuivent des enquêtes transnationales, notamment dans des États où les institutions de protection sont faibles. L’implication d’un coordinateur de l’ICIJ souligne l’importance des réseaux internationaux pour soutenir les enquêtes complexes, mais aussi la vulnérabilité accrue lorsqu’ils opèrent dans des environnements répressifs. Une réponse rapide et transparente de Djibouti pourrait contribuer à restaurer une partie de la confiance des médias et des partenaires internationaux, tandis que l’absence de clarification risque d’alimenter la méfiance et de décourager les investigations futures dans la région.