En marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a ouvertement discuté de la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général de l'ONU avec son homologue français Emmanuel Macron. Cette séquence diplomatique marque une étape clé dans la stratégie de Dakar, qui cherche désormais à transformer ses appuis internationaux en un soutien décisif au sein du Conseil de sécurité.
Une séquence diplomatique inédite à New York
La rencontre entre Bassirou Diomaye Faye et Emmanuel Macron a pris une dimension particulière par la présence physique de l'ancien président sénégalais. Macky Sall a participé à une séance de travail tripartite consacrée aux enjeux géopolitiques et à la coopération franco-sénégalaise. Cette image de cohésion, réunissant deux dirigeants issus de camps politiques opposés, illustre la volonté de l'actuel exécutif sénégalais de porter cette candidature comme un projet d'État, après une période de neutralité initiale.
Le poids stratégique de la France
Pour le camp de Macky Sall, le soutien de Paris est une condition sine qua non. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité, la France dispose d'un droit de veto capable de bloquer toute candidature. Si la présidence française n'a pas encore clarifié sa position, l'entretien de New York s'inscrit dans une offensive diplomatique plus large. Macky Sall a déjà multiplié les consultations internationales, obtenant des appuis notables en Chine, en Russie et auprès de plusieurs partenaires africains, dont la Gambie.
Les défis du scrutin onusien
La course à la succession d'António Guterres, dont le mandat s'achève fin 2026, reste incertaine. Lors du troisième vote indicatif du 18 septembre, Macky Sall a recueilli cinq mentions « encourage », contre neuf « décourage ». Il se situe dans un peloton où aucun favori ne se détache nettement, face à des candidats comme Rebeca Grynspan ou Carolyn Rodrigues-Birkett. La compétition est d'autant plus complexe que plusieurs membres du Conseil de sécurité privilégient désormais l'élection d'une femme à la tête de l'organisation.
Un processus de sélection sous haute tension
La route vers le 38e étage du siège new-yorkais demeure semée d'embûches. Les prochains votes indicatifs seront déterminants pour identifier les positions des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Un seul « décourage » émanant de l'un d'entre eux suffirait à écarter définitivement un candidat. Pour Macky Sall, l'enjeu des mois à venir sera de convertir ses soutiens diplomatiques en une dynamique favorable au sein de cette instance, dans un contexte où l'efficacité du multilatéralisme est plus que jamais questionnée.