Le Ministère sénégalais de la Santé et de l'Hygiène publique a confirmé ce vendredi 4 septembre 2026 que l'épidémie de diphtérie en cours depuis le 1er août a déjà touché 34 personnes, causant six décès dans six régions du pays. Le bilan, arrêté au 3 septembre, illustre une propagation rapide, avec une concentration très marquée autour de la région de Kédougou, qui devient l'épicentre de la crise sanitaire.
Kédougou concentre plus des deux tiers des contaminations
Sur les 34 cas confirmés, 23 ont été recensés à Kédougou, soit près de 68 % du total. La capitale Dakar enregistre 5 cas, Thiès 3 cas, tandis que Louga, Diourbel et Kaolack comptent chacune une contamination. Au total, huit districts sanitaires répartis dans six régions sont concernés. La maladie s'étend donc au-delà du foyer initial et touche désormais des zones urbaines densément peuplées, ce qui augmente le risque de transmission.
Une riposte articulée autour de la vaccination et du suivi des contacts
Dès la détection des premiers cas, le Ministère a déclenché un dispositif de riposte en lien avec les autorités administratives et les partenaires sanitaires. La prise en charge des malades, l'investigation systématique autour de chaque cas, l'identification et le suivi des contacts ainsi que le renforcement de la surveillance épidémiologique figurent parmi les mesures prioritaires. Une campagne de vaccination de rattrapage cible les enfants non vaccinés ou incomplètement vaccinés, tandis que des actions de sensibilisation appellent les familles à recourir rapidement aux soins.
Une maladie évitable, mais toujours mortelle sans traitement précoce
Le Ministère rappelle que la diphtérie est une infection contagieuse à potentiel épidémique, mais qu'elle reste évitable par la vaccination. Les symptômes évoqués — mal de gorge, fièvre, difficulté à avaler, enrouement, gonflement du cou ou présence de membranes grisâtres dans la gorge — doivent pousser à consulter sans délai. L'automédication est formellement déconseillée. Le respect du calendrier vaccinal du Programme élargi de vaccination (PEV) et la vérification du statut vaccinal des enfants constituent, selon les autorités, le principal rempart contre la progression de l'épidémie.
Un défi pour la couverture vaccinale dans les zones reculées
La concentration des cas à Kédougou, région frontalière et parmi les plus enclavées du pays, interroge la capacité des services de santé locaux à atteindre les populations isolées. La rapidité avec laquelle l'épidémie s'est propagée à Dakar et Thiès en quelques semaines souligne l'enjeu d'un rattrapage vaccinal efficace. L'évolution de la maladie dans les prochaines semaines dépendra de l'adhésion des familles aux campagnes de vaccination et de la capacité du système de santé à détecter précocement de nouveaux cas.