Diomaye Faye : une facture hôtelière de 200 millions FCFA révélée par un ex-responsable

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 44 lectures
Diomaye Faye : une facture hôtelière de 200 millions FCFA révélée par un ex-responsable

Un ancien haut responsable de la Présidence sénégalaise révèle une facture de plus de 200 millions de francs CFA pour le séjour de Bassirou Diomaye Faye et de son équipe à l’hôtel King Fahd Palace, peu après sa victoire électorale en 2024. Une somme que Cheikh Oumar Diagne, ex-directeur des moyens généraux, a refusée de payer, dénonçant une anomalie dans les relations entre l’État et l’établissement hôtelier. Une affaire qui soulève des questions sur la gestion des dépenses publiques et les privilèges accordés aux institutions.

Un conflit de gestion aux racines profondes

Cheikh Oumar Diagne, en poste à la Présidence, a révélé avoir reçu une facture de plus de 200 millions de francs CFA pour le séjour de Bassirou Diomaye Faye et de ses collaborateurs à l’hôtel King Fahd Palace, peu après l’élection présidentielle de 2024. Face à cette demande, l’ancien responsable a choisi de ne pas régler la somme, estimant que l’État ne devrait pas assumer cette dépense. Selon lui, l’hôtel, propriété de l’État sénégalais, devrait plutôt servir à accueillir les invités officiels sans frais supplémentaires. Diagne a alors pris des mesures radicales : suspension de tous les séminaires et activités de la Présidence dans cet établissement, dans l’attente d’un partenariat formel clarifiant les responsabilités financières.

Malgré ses démarches auprès des ministères du Tourisme et des Finances pour trancher la question, le litige n’a jamais été résolu. La polémique s’est intensifiée avec le Magal, où Diagne a refusé de prendre en charge les délégations étrangères, appliquant une « nouvelle doctrine de gestion » axée sur la rationalisation des dépenses. Ces prises de position lui ont valu des tensions internes, avant son limogeage ultérieur dans le cadre d’une autre affaire.

Gestion publique et symboles du pouvoir : les leçons d’une crise

Cette révélation met en lumière les tensions structurelles entre les institutions sénégalaises et les acteurs privés liés à l’État, notamment dans le secteur hôtelier. L’hôtel King Fahd Palace, propriété de l’État, incarne à lui seul les ambiguïtés de la gestion des biens publics : entre service public et logique commerciale, entre transparence et opacité. La décision de Cheikh Oumar Diagne de suspendre les activités de la Présidence dans cet établissement illustre une volonté de rupture avec des pratiques jugées coûteuses et peu conformes aux principes de bonne gouvernance.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des dépenses de l’État, notamment après l’élection de Bassirou Diomaye Faye, dont le discours initial promettait une gestion plus rigoureuse des fonds publics. Le refus de payer une facture jugée abusive, puis la suspension des activités, reflètent une tentative de réformer des habitudes ancrées, mais aussi les résistances rencontrées. Si la polémique autour du Magal a précipité le départ de Diagne, elle révèle surtout les défis d’une administration soucieuse de rationaliser ses dépenses dans un environnement où les privilèges et les arrangements persistent.

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