Le président sénégalais Diomaye Faye a défini les grandes orientations de la CEDEAO pour les prochains mois, lors d’un entretien avec le futur président de sa Commission, le général Birame Diop. Ces priorités, alignées sur les décisions de la 69e session des chefs d’État, visent à renforcer l’intégration économique, sécuritaire et diplomatique de la région.
Une présidence sénégalaise sous le signe de l’Eco et de la sécurité
Le Sénégal, qui assure actuellement la présidence tournante de la CEDEAO, a fixé trois axes majeurs pour sa mandature : le lancement imminent de la monnaie unique Eco, l’amélioration du recouvrement des prélèvements communautaires et la facilitation des échanges de personnes et de marchandises. Ces mesures s’inscrivent dans la continuité des engagements pris lors de la 69e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État, tenue en Sierra Leone.
Parmi les défis immédiats, la création d’une brigade dédiée à la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest figure en tête de liste. Cette initiative répond à l’urgence sécuritaire qui touche plusieurs pays de la région, notamment ceux du Sahel.
Diop promet un accompagnement pragmatique du Sénégal
Le général Birame Diop, qui prendra ses fonctions à la tête de la Commission CEDEAO le 1er septembre, a salué la cohérence entre les orientations de Faye et les résolutions de la 69e session. Il a souligné que les échanges avec le président sénégalais permettront à la Commission d’anticiper et d’accompagner efficacement Dakar dans sa mission. « Ce partage permettra à la commission que je dirige désormais de pouvoir non seulement anticiper, mais aussi, le moment venu, accompagner de manière très pragmatique et efficace le Sénégal », a-t-il déclaré.
Cette collaboration pourrait s’avérer cruciale pour désamorcer les tensions avec l’Alliance des États du Sahel (AES), dont les relations avec la CEDEAO restent tendues depuis leur retrait de l’organisation en 2023.
La Guinée-Bissau, un test pour la médiation sénégalaise
Autre dossier brûlant : la crise politique en Guinée-Bissau. Le Sénégal a été désigné comme facilitateur pour trouver une issue à ce conflit, qui menace la stabilité sous-régionale. Les discussions entre Faye et Diop ont confirmé l’importance de cette mission, bien que les détails concrets n’aient pas été divulgués. Une résolution rapide de cette crise pourrait renforcer la crédibilité de la CEDEAO en matière de médiation.
Ces orientations, si elles sont mises en œuvre avec rigueur, pourraient marquer un tournant pour la CEDEAO, à condition que les États membres s’engagent collectivement. Le défi sera de concilier souveraineté nationale et intégration régionale, dans un contexte où les divergences politiques et sécuritaires persistent.