En moins d’un mois, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a marqué la scène ouest-africaine par une série de coups diplomatiques. Règlement d’un contentieux frontalier avec la Gambie, soutien affiché au Mali face au terrorisme et appui à la candidature mauritanienne à l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) : ces trois dossiers illustrent une stratégie d’influence régionale, alors que Dakar préside désormais la CEDEAO.
Une diplomatie de bon voisinage en action
Le différend frontalier entre le Sénégal et la Gambie, cristallisé par l’incident de Bulock en juillet, a été résolu en moins de deux semaines. Les deux pays ont privilégié une approche bilatérale, évitant toute escalade et confirmant leur attachement aux mécanismes de dialogue existants. Un accord définitif sur la délimitation de la frontière commune a été signé le 29 juillet, suivi de la mise en place d’opérations conjointes pour renforcer la sécurité dans la zone frontalière dès la mi-août. Cette résolution rapide envoie un signal fort : la priorité donnée à la stabilité régionale par Dakar, dans un contexte où les tensions transfrontalières menacent souvent la cohésion sous-régionale.
Sécurité et multilatéralisme au cœur de l’agenda
Le déplacement de Faye à Bamako le 28 juillet revêtait une double dimension. D’abord, un geste de solidarité envers le Mali, frappé par une embuscade meurtrière dix jours plus tôt, où cinquante soldats avaient péri. Le président sénégalais a réaffirmé le soutien indéfectible de Dakar, tout en insistant sur la nécessité d’une réponse coordonnée face aux défis sécuritaires communs. Ensuite, cette visite s’inscrivait dans le cadre de la présidence tournante de la CEDEAO, où Faye joue un rôle clé dans la médiation entre l’organisation et l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Mali est membre. Une mission délicate, mais essentielle pour éviter une fragmentation accrue de l’espace ouest-africain.
Parallèlement, la Mauritanie a sollicité l’appui du Sénégal pour porter la candidature de Dr Coumba Ba au poste de secrétaire général de l’OIF. Une demande qui s’inscrit dans la continuité des relations étroites entre Dakar et Nouakchott, renforcées par le choix de la Mauritanie pour le premier déplacement international de Faye après son investiture. Ce soutien à la Francophonie s’ajoute à celui apporté quelques jours plus tôt à la candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’ONU, confirmant une diplomatie sénégalaise ambitieuse et multidimensionnelle.