Diomaye Faye à Bamako : une visite historique sans la CEDEAO ni l'AES

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Diomaye Faye à Bamako : une visite historique sans la CEDEAO ni l'AES

Une visite sans précédent : le président sénégalais, en tant que président en exercice de la CEDEAO, a rencontré son homologue malien sans évoquer l’organisation ouest-africaine ni l’Alliance des États du Sahel (AES), marquant une rupture diplomatique symbolique.

Une rencontre sous le signe de la souveraineté et de la sécurité

Bassirou Diomaye Faye s’est rendu à Bamako pour un entretien express avec le général Assimi Goïta, premier chef d’État de la CEDEAO à effectuer une visite officielle au Mali depuis son retrait de l’organisation en 2025. Cette démarche, bien que brève, revêt une portée stratégique majeure. Les deux dirigeants ont abordé des questions cruciales pour la sous-région, notamment la lutte contre le terrorisme, qui s’étend désormais jusqu’aux frontières du Sénégal. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, intensifie ses attaques dans l’ouest du Mali, menaçant la stabilité du pays et perturbant les échanges économiques, notamment le ravitaillement du Mali via les infrastructures portuaires sénégalaises.

Lors de sa déclaration, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé la « disponibilité du Sénégal à accompagner le Mali » dans la gestion des défis sécuritaires et économiques, sans jamais mentionner la CEDEAO ni l’AES. Cette omission volontaire souligne une volonté de privilégier les relations bilatérales et une approche pragmatique, loin des cadres institutionnels traditionnels. Le président sénégalais a également évoqué la situation de l’UEMOA et de l’OMVS, sans pour autant obtenir de signal clair de la part de son interlocuteur malien.

Entre prudence et réaffirmation d’une diplomatie autonome

Cette visite illustre une tendance croissante dans la diplomatie ouest-africaine : la recherche de solutions régionales en dehors des structures établies. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, membres de l’AES, ont quitté la CEDEAO en 2025, remettant en cause l’efficacité de l’organisation face aux crises sécuritaires et économiques. La rencontre entre Faye et Goïta, bien que constructive, révèle aussi les limites des mécanismes de coopération actuels. Le Sénégal, tout en réaffirmant son soutien au Mali, semble adopter une posture mesurée, évitant de s’engager dans des déclarations qui pourraient être interprétées comme une validation des choix politiques de Bamako.

Cette approche reflète les tensions persistantes entre les États membres de la CEDEAO et les pays de l’AES, ainsi que la nécessité de repenser les alliances pour répondre aux défis du Sahel. La sécurité, la stabilité économique et la souveraineté des nations restent au cœur des discussions, mais les voies pour y parvenir divergent de plus en plus. La visite de Bassirou Diomaye Faye à Bamako, bien que symbolique, ouvre la porte à de nouvelles dynamiques diplomatiques, où les relations bilatérales pourraient primer sur les cadres collectifs.

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