L’ancien sénateur du Kogi West, Dino Melaye, a mis en garde le gouvernement fédéral nigérian contre toute arrestation ou interrogatoire du candidat présidentiel de l’African Democratic Congress (ADC), Atiku Abubakar, à la suite d’une pétition de corruption déposée à la EFCC. Dans une vidéo diffusée sur X, il a annoncé que les partisans de l’ADC mobiliseraient massivement la population, rappelant que les citoyens représentent bien plus d’un pour cent de la nation.
Une pétition relance des accusations de corruption contre Atiku Abubakar
La pétition a été introduite par l’ancien député de la Chambre des représentants, Ehiozuwa Agbonayinma, qui a demandé à la Commission fédérale de lutte contre la criminalité économique et financière (EFCC) de rouvrir des enquêtes portant sur des faits remontant à 2005‑2006. Ces faits concernaient, selon le texte de la requête signé par l’avocat Hannibal Uwaifo, SAN, des soupçons d’abus de fonctions, de blanchiment d’argent et de détournement de fonds liés au Petroleum Technology Development Fund, alors qu’Atiku était vice‑président.
Le rappel du passé judiciaire
À l’époque, l’EFCC et un panel administratif avaient mené une enquête qui avait débouché sur une inculpation administrative. Cependant, le 20 décembre 2006, la Haute Cour de l’État de Lagos a annulé cette inculpation, la qualifiant d’inconstitutionnelle et de mal fondée. Aucun jugement pénal n’a jamais été prononcé contre Atiku à l’issue de ces procédures.
Dino Melaye lance un avertissement au gouvernement fédéral
Dans le même message vidéo, Melaye a déclaré que « les personnes au pouvoir représentent moins d’un pour cent de la population de la République fédérale du Nigeria », insistant sur le fait que le peuple « possède le gouvernement ». Il a précisé que l’ADC et ses soutiens seraient prêts à organiser une action collective si les autorités décidaient d’inviter, d’arrêter ou d’interroger Atiku sur la base de cette pétition, qu’il qualifie de « frivole ».
Implications pour le climat électoral nigérian
Cette mise en garde intervient à l’approche des élections présidentielles, où Atiku Abubakar figure parmi les principaux prétendants. Un éventuel recours à la justice contre lui pourrait être perçu comme une manœuvre politique, alimentant les tensions entre le parti au pouvoir et l’ADC. Le risque d’une mobilisation populaire, évoqué par Melaye, souligne la sensibilité du contexte électoral et la nécessité pour les institutions de gérer les accusations de corruption avec prudence afin d’éviter une polarisation accrue du débat public.