Dialogue national en RDC : la composition du comité préparatoire déterminera l'issue du processus

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 30 lectures
Dialogue national en RDC : la composition du comité préparatoire déterminera l'issue du processus

La mise en place d'un comité préparatoire pour le dialogue national en République Démocratique du Congo marque une étape charnière pour la stabilité du pays. Si l'ordonnance présidentielle du 13 septembre définit le cadre technique de cette instance, la crédibilité du processus repose désormais sur la composition nominative des membres qui seront désignés pour piloter ces travaux.

Un dispositif sous contrôle présidentiel

L'ordonnance institue un comité d'organisation dont les membres, incluant un coordonnateur et un secrétariat technique de onze experts, sont nommés directement par le chef de l'État. Cette structure, placée sous l'autorité directe de la présidence, dispose d'une durée de mission illimitée jusqu'à la remise du rapport final. Cette centralisation suscite des interrogations sur l'équilibre des forces au sein de l'instance, alors que le gouvernement a publiquement promis un cadre ouvert aux « forces vives » et des consultations décentralisées dans les provinces.

La question de la représentativité

Plusieurs acteurs politiques et de la société civile, dont la Coalition Article 64 et l'ASADHO, contestent la mainmise du pouvoir sur la composition du comité. Pour ces opposants, un dialogue visant à résoudre une crise profonde ne peut être piloté par une seule partie. Cette objection de procédure souligne une méfiance persistante : la légitimité du dialogue ne pourra être établie que par une représentativité réelle des formations politiques, des confessions religieuses et des provinces, loin des simples intentions affichées.

Le précédent de la médiation religieuse

Malgré les tensions, des initiatives récentes prouvent qu'un consensus est possible. Le 16 septembre, la CENCO et l'ECC ont réussi à réunir autour d'une même table des représentants du gouvernement et des figures de l'opposition. Cet événement démontre que, sous une médiation acceptée, les acteurs congolais sont capables de dialoguer. Cette expérience contraste avec le processus actuel, dont l'inclusivité reste encore à démontrer par des actes concrets.

L'enjeu de la cohésion face à l'insécurité

Le dialogue national se tient dans un contexte de crise sécuritaire majeure, avec l'occupation de zones dans l'Est du pays par la coalition AFC/M23. Si l'exclusion des groupes armés du processus est une position consensuelle et nécessaire, elle impose au pouvoir une responsabilité accrue : celle de ne pas exclure les forces politiques et sociales nationales. Chaque acteur écarté de la table de négociation fragilise davantage le front intérieur face à l'agression étrangère. La publication prochaine de la liste des membres du comité sera le premier indicateur de la volonté réelle du pouvoir d'ouvrir le pays à un véritable sursaut national plutôt qu'à une impasse politique supplémentaire.

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