Le Sénégal enregistre des avancées significatives dans la prise en charge du diabète chez l’enfant, mais les défis persistent. Lors d’un congrès réunissant des spécialistes en pédiatrie et endocrinologie, les professionnels ont dressé un bilan contrasté de la situation.
Selon les données présentées, le nombre d’enfants suivis pour un diabète est passé de 250 en 2018 à plus de 1 736 aujourd’hui. Cette hausse reflète moins une augmentation de la prévalence de la maladie qu’une amélioration des capacités de dépistage et de prise en charge. Les efforts déployés en matière de formation des professionnels de santé et de décentralisation des soins ont permis d’élargir l’accès aux diagnostics. Cependant, malgré ces progrès, une majorité d’enfants diabétiques ne sont toujours pas identifiés.
Les spécialistes soulignent que deux enfants sur trois atteints de diabète au Sénégal ne bénéficient pas d’un diagnostic. Cette situation s’explique par le manque de professionnels qualifiés et par des inégalités d’accès aux soins dans certaines régions. Le diabète infantile, considéré comme une urgence médicale, nécessite une prise en charge rapide pour éviter des complications graves. Les congressistes ont salué les initiatives du ministère de la Santé et l’appui des partenaires techniques et financiers, qui ont contribué à renforcer les infrastructures sanitaires.
Le congrès a également abordé d’autres pathologies endocriniennes touchant les enfants, comme les troubles de la croissance, les maladies de la thyroïde ou les anomalies de la puberté. Ces affections, souvent méconnues, nécessitent une prise en charge précoce pour limiter leurs impacts sur la santé future des jeunes patients.
Sur le plan des ressources humaines, le Sénégal a enregistré une progression notable. Il y a une quinzaine d’années, le pays ne comptait qu’un seul endocrinologue pédiatre. Aujourd’hui, sept spécialistes exercent dans le pays, et plusieurs médecins sont en formation dans le cadre d’un master dédié à l’endocrinologie pédiatrique, ouvert aux praticiens francophones d’Afrique. L’objectif est de doter chaque région sénégalaise d’au moins un endocrinologue pédiatre et d’un service spécialisé, afin d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des maladies endocriniennes chez l’enfant.
Cette rencontre scientifique, placée sous le thème de la santé infantile en Afrique, a permis d’échanger sur les stratégies à mettre en œuvre pour renforcer la prévention, le dépistage et l’accès aux soins spécialisés. Les participants ont insisté sur la nécessité d’une approche intégrée pour répondre aux besoins des enfants du continent.