Après près de deux mois de détention au Togo, les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont obtenu une liberté provisoire assortie d’une autorisation de quitter le territoire. Cette décision, annoncée par le ministère français des Affaires étrangères, met fin à une affaire qui avait suscité une mobilisation diplomatique intense et soulevé des questions sur les conditions de tournage des journalistes en Afrique de l’Ouest.
Une libération sous haute tension diplomatique
Les deux réalisateurs, arrêtés fin juillet 2026 alors qu’ils tournaient un épisode de la série documentaire Les routes de l’impossible pour France Télévisions, étaient détenus à Lomé dans le cadre d’une procédure pour « fausses déclarations ». Leur société de production conteste ces accusations, affirmant que les trois hommes disposaient de toutes les autorisations nécessaires. Le Quai d’Orsay a salué « un grand soulagement » pour leurs proches et pour la diplomatie française, qui s’est activement impliquée dans ce dossier.
Des irrégularités et un drone au cœur du conflit
Les autorités togolaises ont justifié leur arrestation par des « irrégularités dans la préparation et l’exécution » de leur mission, évoquant notamment l’absence d’autorisations pour l’utilisation d’un drone dans le nord du pays. Cette région, frontalière avec le Burkina Faso où sévissent des groupes jihadistes, est soumise à des restrictions sécuritaires strictes depuis 2021. Sebastian Perez Pezzani, libéré sous contrôle judiciaire fin août pour raisons médicales, avait vu son passeport confisqué, limitant sa liberté de mouvement. Aucune information n’a été divulguée sur d’éventuelles conditions supplémentaires liées à la liberté provisoire accordée à Mocaër et Vedomey.
Un précédent qui interroge la sécurité des journalistes
Cette affaire rappelle les tensions récurrentes entre les autorités locales et les équipes de tournage étrangères en Afrique, où les questions de sécurité et de souveraineté sont souvent instrumentalisées. Si la liberté provisoire des deux réalisateurs français marque une issue favorable, elle ne clôt pas pour autant le débat sur les risques encourus par les journalistes opérant dans des zones sensibles. Leur société de production a réaffirmé leur bonne foi, soulignant que les procédures administratives avaient été respectées. Reste à savoir si cette libération ouvrira la voie à un abandon des charges ou si d’autres obstacles juridiques subsisteront.