Deux réalisateurs français libérés au Togo après trois mois de détention pour « fausses déclarations »

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 48 lectures
Deux réalisateurs français libérés au Togo après trois mois de détention pour « fausses déclarations »

Après trois mois de détention pour des accusations de « fausses déclarations », les réalisateurs français Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont été libérés sous contrôle judiciaire. Une issue saluée par les défenseurs de la liberté de la presse, alors que les autorités togolaises maintiennent leurs accusations.

Une libération progressive sous pression internationale

Sebastian Perez Pezzani, le premier à avoir été libéré fin août pour raisons médicales, avait vu son passeport confisqué et était soumis à un contrôle judiciaire strict. Ses deux compagnons, Gaël Mocaër et Fred Vedomey, ont finalement obtenu leur liberté provisoire mardi soir, selon leur avocat Martial Akakpo. Aucun détail n’a été communiqué sur les conditions de cette libération, si ce n’est l’absence de garanties financières exigées, contrairement à ce que certains craignaient.

L’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) a salué cette décision, sans pour autant cesser de dénoncer les accusations portées contre les trois hommes. Ces derniers, qui tournait un épisode de la série documentaire « Les routes de l’impossible » pour France Télévisions, sont poursuivis pour « fausses déclarations » et l’utilisation présumée illégale d’un drone dans le nord du pays, une zone sous haute tension sécuritaire.

Des accusations contestées et un contexte sécuritaire tendu

Les autorités togolaises évoquent « plusieurs irrégularités dans la préparation et le déroulement » de leur voyage, ainsi que des « preuves sérieuses » à leur encontre. Pourtant, la société de production des trois hommes assure avoir respecté « scrupuleusement toutes les règles » en vigueur. Les réalisateurs, quant à eux, nient catégoriquement les faits qui leur sont reprochés, selon leur défenseur.

Le nord du Togo, frontalier du Burkina Faso en proie à des attaques djihadistes récurrentes, est une région où les restrictions de tournage sont strictes. L’utilisation d’un drone y est particulièrement surveillée, voire interdite sans autorisation préalable. Cette affaire soulève des questions sur la rigueur des procédures administratives et la marge de manœuvre des équipes de tournage dans un contexte sécuritaire complexe.

Un pays sous surveillance pour sa liberté de la presse

Avec un classement à la 97e place sur 180 pays dans le dernier rapport de RSF, le Togo reste sous le feu des projecteurs pour sa gestion de la liberté de la presse. Depuis 2005, le président Faure Gnassingbé, au pouvoir depuis le décès de son père Eyadéma, dirige le pays dans un régime souvent critiqué pour son manque de transparence et ses restrictions à l’encontre des médias.

Cette affaire intervient alors que plusieurs journalistes et professionnels des médias ont été confrontés à des pressions ou des poursuites au Togo ces dernières années. La libération des trois hommes pourrait-elle marquer un tournant dans les relations entre les autorités et les acteurs de l’information ? Rien n’est moins sûr, d’autant que les accusations portées contre eux n’ont pas été abandonnées.

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