Deux réalisateurs français libérés au Togo après deux mois de détention : retour triomphal en France

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 32 lectures
Deux réalisateurs français libérés au Togo après deux mois de détention : retour triomphal en France

Deux réalisateurs français, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, ainsi que leur collaborateur togolais Fred Vedomey, ont été libérés sous contrôle judiciaire au Togo après deux mois de détention pour « fausses déclarations ». Leur retour en France, effectif ce jeudi, marque la fin d’une affaire qui a mis en lumière les tensions entre sécurité nationale et liberté de création.

Une détention de deux mois pour un tournage controversé

Arrestés le 27 juillet dans le nord du Togo alors qu’ils tournaient un épisode de la série documentaire « Les routes de l’impossible » pour France Télévisions, les trois hommes ont été placés en détention à Lomé. Accusés de « fausses déclarations » et d’utilisation illégale d’un drone dans une zone frontalière sous tension, ils ont toujours nié les faits. Leur société de production a affirmé que les autorisations nécessaires avaient été obtenues, rejetant les accusations de « plusieurs irrégularités » évoquées par la justice togolaise.

Une liberté provisoire obtenue sous pression diplomatique

Le ministère français des Affaires étrangères s’est pleinement mobilisé pour leur libération, saluant un « grand soulagement » pour leurs proches. La justice togolaise a finalement accordé une liberté provisoire à Gaël Mocaër et Fred Vedomey le 1er septembre, avec autorisation de quitter le territoire. Sebastian Perez Pezzani, malade, avait été libéré fin août sous contrôle judiciaire pour suivre des soins à Lomé, son passeport confisqué. Leur avocat, Martial Akakpo, a confirmé cette décision, sans préciser les éventuelles restrictions liées à leur régime de liberté.

Un contexte sécuritaire explosif dans le nord du Togo

L’affaire survient dans une région en proie à des incursions jihadistes depuis fin 2021, avec des attaques récurrentes de groupes liés à Al-Qaïda et à l’État islamique au Burkina Faso voisin. Les autorités togolaises ont justifié leur sévérité par la nécessité de contrôler les activités dans cette zone frontalière, où la sécurité est une priorité absolue. L’utilisation d’un drone, bien que contestée par les réalisateurs, a été un élément clé de l’accusation, illustrant les tensions entre liberté artistique et impératifs sécuritaires.

Quelles suites pour les trois hommes ?

De retour en France, Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani devront désormais faire face aux procédures judiciaires en cours au Togo. Leur société de production a déjà contesté les accusations, tandis que les autorités françaises ont salué leur libération comme une victoire diplomatique. L’affaire soulève des questions sur les conditions d’exercice du journalisme et du documentaire en Afrique de l’Ouest, où les enjeux sécuritaires peuvent rapidement se transformer en obstacles administratifs ou judiciaires.

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