Deux militants séropositifs, Nicolas Aragona et Christophe Paco, ont entamé une grève de la faim devant le tribunal de Reims pour dénoncer la persistance de la sérophobie. Face à cette mobilisation, la ministre déléguée chargée de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, a annoncé la tenue d'une réunion de travail le 2 septembre prochain.
Une mobilisation pour une réponse législative
Les deux militants, qui témoignent avoir été victimes de harcèlement en raison de leur séropositivité, exigent l'adoption d'une « loi d'urgence » visant à sanctionner spécifiquement les actes de sérophobie. Cette action radicale s'accompagne d'une pétition en ligne ayant recueilli plus de 5 000 signatures, dont une accélération notable depuis le début de leur mouvement. Malgré l'annonce de l'entretien ministériel, les grévistes ont maintenu leur position, poursuivant leur action pour maintenir la pression sur les pouvoirs publics.
Un dialogue interministériel sous surveillance
La rencontre prévue le 2 septembre au ministère ne se limitera pas à un échange bilatéral. Le cabinet d'Aurore Bergé a confirmé la présence de représentants de la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), ainsi que des équipes du Défenseur des droits et du ministère de la Santé. Cette configuration souligne l'enjeu institutionnel de la demande, qui dépasse le cadre individuel pour interroger les mécanismes de protection des droits des personnes vivant avec le VIH.
Appel à une mobilisation nationale
Au-delà de leur présence devant le palais de justice de Reims, les deux hommes ont lancé un appel à la mobilisation citoyenne. Ils invitent à des rassemblements devant les tribunaux à travers toute la France pour sensibiliser l'opinion publique et les autorités judiciaires sur la réalité des discriminations liées au statut sérologique. Si le parquet de Reims n'a pas souhaité commenter cette initiative, la multiplication des soutiens souligne l'importance croissante accordée à la lutte contre la stigmatisation des personnes séropositives dans le débat public actuel.