Le parti d'opposition Kulmiye a annoncé l'arrestation du directeur de Gallaydh Media, Hassan Gallaydh, au département d'investigation criminelle de Hargeisa. Cette détention, survenue moins de dix jours après celle d'Abdiqani Hussein Abokor de Heegan Media, intensifie les accusations d'une campagne de répression contre les médias dans la république autoproclamée.
Chronologie des détentions récentes
Le 8 septembre, les autorités de Hargeisa ont interpellé Hassan Gallaydh, dont le lieu de détention reste le département d'investigation criminelle. La semaine précédente, le 29 août, Abdiqani Hussein Abokor avait été appréhendé après avoir répondu à une convocation du même service, suite à une interview d'un poète critique du président. Ces deux cas s'inscrivent dans une série d'arrestations qui, selon les organisations de défense, visent à museler les voix indépendantes.
Réactions de l'opposition et des observateurs internationaux
Le parti Kulmiye, ainsi que le KAAH, un autre groupe d'opposition, ont dénoncé un « schéma de violations destiné à museler les médias ». Muthoki Mumo, coordinateur pour l'Afrique du Comité de protection des journalistes, a rappelé l'existence d'une « longue liste de journalistes au Somaliland, détenus pour des motifs douteux ». Le Syndicat somalien des journalistes, dans son rapport annuel de mars 2026, comptait 36 journalistes arrêtés en 2025, dont cinq enlèvements, et plus de 90 % de ces affaires n'avaient jamais été jugées.
Enjeux pour la liberté d'expression et la reconnaissance internationale
Ces arrestations interviennent alors que le Somaliland intensifie ses efforts de lobbying auprès de l'ONU pour obtenir une reconnaissance internationale. La persistance de détentions arbitraires risque d'affaiblir la crédibilité du gouvernement aux yeux de la communauté internationale et de compliquer les négociations diplomatiques. Elle soulève également des questions sur le respect des engagements du Somaliland en matière de droits humains, un critère souvent scruté par les États et organisations extérieurs.
Perspectives et appels à l'action
Les organisations de défense des journalistes appellent les autorités du Somaliland à libérer immédiatement les détenus et à garantir un cadre légal transparent pour les médias. Elles demandent également la mise en place d'un suivi judiciaire pour les affaires en cours, afin d'éviter que la majorité des cas ne reste sans jugement. Le suivi de ces développements sera crucial pour évaluer l'évolution du climat médiatique dans la région et son impact sur les aspirations de reconnaissance du Somaliland.