La commission d’enquête parlementaire chargée d’analyser le programme « Un étudiant, un ordinateur », destiné à faciliter l’accès des étudiants sénégalais à l’informatique, a vu deux de ses témoins clés refuser de se présenter. Abdoulaye Daouda Diallo et Moussa Baldé, anciens ministres du gouvernement Macky Sall, invoquent des lacunes procédurales et l’absence de documents préalablement communiqués.
Abdoulaye Daouda Diallo refuse la convocation
Ancien ministre sous Macky Sall, Abdoulaye Daouda Diallo a annoncé qu’il ne répondrait pas à la convocation prévue pour demain. Son audition devait porter sur les bases d’une éventuelle autorisation du fonds de garantie créé en 2012‑2013 auprès d’Ecobank. Dans une lettre adressée aux membres de la commission, Diallo conteste à la fois le fond et la forme de la convocation, estimant qu’une audition ne peut se tenir sans « faits identifiés et pièces préalablement communiquées ». Il critique également la méthode d’invitation, transmise par WhatsApp, avec une date et une heure imposées sans concertation.
Moussa Baldé, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, décline également
Moussa Baldé a suivi le même chemin, refusant de répondre à l’invitation des députés. Il justifie son refus par le manque de précision quant aux faits qui lui seraient reprochés, rappelant que la commission n’a pas fourni d’éléments détaillés sur lesquels il devait être entendu. Ce double refus intervient alors que la commission poursuit ses investigations sur la gestion du programme d’ordinateurs destiné aux étudiants.
Enjeux de la commission d’enquête
Le programme « Un étudiant, un ordinateur » a été lancé entre 2012 et 2013, avec la mise en place d’un fonds de garantie géré en partie par Ecobank. La commission parlementaire cherche à déterminer si les fonds ont été alloués conformément aux objectifs initiaux, à identifier d’éventuelles irrégularités et à évaluer la transparence du dispositif. Les témoignages de hauts responsables, dont les deux anciens ministres, sont jugés essentiels pour éclairer la chaîne de décision et la mise en œuvre du projet.
Implications politiques et perspectives
Le refus de ces deux figures politiques pourrait compliquer le travail de la commission, qui devra s’appuyer sur d’autres sources d’information, telles que les documents internes, les rapports d’audit et les témoignages d’acteurs du secteur. Cette situation souligne les tensions entre le législatif et l’exécutif sur la conduite des enquêtes parlementaires, ainsi que les attentes de la société civile en matière de redevabilité des programmes publics. La suite de l’enquête dépendra de la capacité de la commission à obtenir les pièces demandées et à mobiliser d’autres experts pour combler les lacunes créées par ces refus.