Cette initiative intervient alors que le ministre de l'Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a récemment réaffirmé que l'État n'avait pas changé de position sur cette question. « Nous pouvons atteindre les mêmes résultats avec notre plan de traitement de la dette, mais avec un coût d'opportunité le moins élevé possible », avait-il déclaré, assurant que le gouvernement privilégiait une stratégie alternative à une restructuration formelle de la dette.
Les marchés anticipent tous les scénarios
Malgré cette position officielle, plusieurs investisseurs institutionnels semblent vouloir se préparer à une éventuelle évolution de la situation. D'après Bloomberg, des détenteurs d'obligations souveraines sénégalaises, parmi lesquels Morgan Stanley Investment Management et BlueBay Asset Management, ont entamé des échanges sur la création d'un comité ad hoc de créanciers.Le média spécialisé dans l'information financière précise que ces discussions restent à un stade préliminaire et qu'aucune décision définitive n'a encore été arrêtée quant à la mise en place de cette structure. L'objectif d'un tel comité serait de représenter collectivement les investisseurs obligataires dans l'éventualité où le Sénégal déciderait d'engager une restructuration de sa dette.
Dans les marchés internationaux, ce type de groupe est fréquemment constitué afin de coordonner la position des créanciers et de servir d'interlocuteur unique lors des négociations avec un État confronté à des difficultés de remboursement ou souhaitant réaménager les conditions de sa dette.