Dette publique française : le défi colossal d'un redressement budgétaire de 150 milliards d'euros

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Dette publique française : le défi colossal d'un redressement budgétaire de 150 milliards d'euros
Photo par Ivan Vi sur Pexels

Avec une dette publique atteignant 3 460 milliards d'euros fin 2025, soit 115,6 % du PIB, la France se trouve dans une situation de vulnérabilité financière préoccupante au sein de la zone euro. L'économiste François Ecalle, président de Fipeco, estime qu'un effort structurel d'au moins 150 milliards d'euros est indispensable pour stabiliser les comptes publics et prévenir une potentielle crise de confiance des marchés financiers.

Un déséquilibre structurel persistant

La trajectoire de la dette française, qui a doublé en trente ans, place le pays dans une position délicate face à ses partenaires européens. Si l'État parvient encore à emprunter à des taux proches de ceux de l'Allemagne, cette stabilité repose en grande partie sur l'intervention de la Banque centrale européenne. Toutefois, cette protection n'est pas automatique. Pour éviter un scénario de crise, l'objectif est de dégager un excédent primaire, alors que la France affiche actuellement un déficit primaire de près de 90 milliards d'euros.

Le levier difficile des dépenses publiques

Pour combler ce fossé, des économies massives sont nécessaires. François Ecalle pointe plusieurs leviers, notamment la sous-indexation des pensions de retraite, qui pourrait générer plus de 10 milliards d'euros d'économies sur trois ans. La maîtrise des dépenses de santé, qui représentent près de 21 % des dépenses publiques, et une rationalisation des effectifs de la fonction publique territoriale — en forte hausse depuis 1997 — sont également identifiées comme des pistes prioritaires. L'économiste suggère également de poursuivre les réformes des retraites pour accroître la population active et, par ricochet, les recettes de l'État.

L'inévitable ajustement fiscal

Au-delà des coupes budgétaires, une hausse des prélèvements obligatoires semble difficilement évitable. Si la compétitivité des entreprises doit être préservée, le poids de la fiscalité sur les ménages pourrait être réévalué. L'augmentation de la TVA, impôt à large assiette, est présentée comme une option au rendement significatif : une hausse d'un point du taux normal rapporterait 9 milliards d'euros, tandis qu'un alignement des taux réduits sur le taux normal de 20 % pourrait dégager jusqu'à 50 milliards d'euros.

Le risque d'une inertie politique

Malgré la nécessité technique de ces mesures, leur mise en œuvre se heurte à la réalité du contexte social et politique français. François Ecalle souligne que, sans une volonté politique forte, le pays risque de poursuivre cette fuite en avant jusqu'à ce qu'une crise financière, similaire à celle vécue par la Suède dans les années 1990, ne contraigne brutalement les autorités à agir. L'instauration d'une règle constitutionnelle de discipline budgétaire est évoquée comme un garde-fou potentiel, bien que son efficacité reste conditionnée à un consensus politique aujourd'hui fragile.

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