L'Institut de la finance publique (IFPB) de Ouagadougou a lancé, ce 14 septembre 2026, sa session de soutenances de fin d'études pour 394 stagiaires. Parmi les travaux présentés, l'analyse de Geoffroy Bayili sur la trajectoire de la dette publique burkinabè entre 2015 et 2024 offre un éclairage critique sur les enjeux de souveraineté financière dans un contexte de crise sécuritaire.
Une progression rapide de l'endettement national
Le travail de recherche met en lumière une accélération marquée de l'endettement du Burkina Faso sur la dernière décennie. Selon les données analysées, la dette publique a quadruplé, passant de 2 188 milliards de francs CFA en 2015 à plus de 8 163 milliards en 2024. Cette hausse spectaculaire s'explique par une mutation profonde des sources de financement, où la dette intérieure progresse désormais à un rythme annuel de 26 %, contre 8,1 % pour la dette extérieure.
Le risque de la composante intérieure
Si l'étude conclut que la dette extérieure du pays demeure soutenable au regard des critères établis par les institutions de Bretton Woods, elle émet une réserve importante concernant la dette globale. L'impétrant souligne que la dynamique actuelle, portée par le recours croissant au marché intérieur, fait peser un risque réel sur la soutenabilité à long terme des finances publiques. Ce constat intervient alors que l'État cherche à réduire sa dépendance aux financements extérieurs pour assurer ses besoins en matière de sécurité et de développement.
Un enjeu stratégique pour l'administration
Pour les autorités burkinabè, la formation des cadres en finances publiques est devenue une priorité absolue. Vieux Abdoul Rachid Soulama, secrétaire général du ministère de l'Économie, a rappelé que la qualité des ressources humaines administrant le budget et le trésor est un levier de souveraineté. Cette session de soutenances, qui accueille également des stagiaires venus du Gabon, de la Guinée, de la Centrafrique et du Tchad, est perçue par la direction de l'IFPB comme un exercice de redevabilité professionnelle, visant à préparer les futurs cadres aux réalités complexes du terrain économique.
Une évaluation académique exigeante
Le mémoire de Geoffroy Bayili, qui a obtenu la note de 15,5/20, a été salué par le jury pour sa rigueur méthodologique et la pertinence de son sujet. En abordant frontalement la question de la dette dans un contexte de contraction des ressources, le candidat a illustré les défis auxquels font face les États sahéliens. Ce travail académique, au-delà de la validation d'un parcours de 24 mois, apporte une contribution technique aux réflexions sur la gestion budgétaire nationale.