La cheffe des députés de La France insoumise (LFI), Mathilde Panot, a officiellement sollicité le Premier ministre Sébastien Lecornu pour organiser un débat parlementaire suivi d'un vote sur la gestion de la dette publique. Cette initiative vise à porter au cœur de l'hémicycle la proposition de Jean-Luc Mélenchon de geler la part de la dette française détenue par la Banque centrale européenne (BCE).
Une demande formelle au Premier ministre
Dans un courrier adressé au chef du gouvernement, Mathilde Panot invoque l'article 50-1 de la Constitution pour exiger une clarification des positions de chaque groupe politique. La parlementaire dénonce fermement la qualification d'« escroquerie » utilisée par Sébastien Lecornu pour décrire cette mesure. Elle accuse le Premier ministre de « brutalisation du débat économique », estimant que cette posture empêche une réflexion sereine sur des enjeux financiers majeurs pour le pays.
Les arguments techniques du gel de la dette
Sur le fond, la proposition portée par LFI suggère de sanctuariser environ 18 % de la dette française, soit près de 600 milliards d'euros, actuellement détenus par la BCE. Selon Mathilde Panot, cette manœuvre permettrait de soustraire ces montants à la pression des marchés financiers. L'objectif affiché est de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour l'investissement, en soulageant les finances publiques du poids des intérêts, sans pour autant léser les créanciers.
Un débat économique sous haute tension
Cette proposition s'inscrit dans un contexte de campagne présidentielle marqué par des divergences profondes. Si LFI défend cette option comme un levier de financement, elle fait face à une opposition frontale. Des voix influentes, à l'instar du prix Nobel d'économie Philippe Aghion, ont comparé cette idée à un « traitement miracle » sans fondement, alertant sur les risques d'une absence de budget crédible. La réponse de Sébastien Lecornu à cette demande de débat reste, à ce jour, l'élément déterminant pour la suite des échanges parlementaires sur ce dossier.