Les emprunts contractés auprès de créanciers commerciaux ont connu une progression marquée ces cinq dernières années, devenant un pilier de la dette extérieure de l’administration centrale. Selon les données disponibles, leur encours est passé de 2 567 milliards de FCFA en 2019 à 5 672 milliards en 2024, soit une augmentation de 121 % sur la période. Cette catégorie représente désormais 34 % de l’ensemble de la dette extérieure de l’administration centrale, se classant juste derrière les créanciers multilatéraux (40 %), mais devant les créanciers bilatéraux et les crédits à l’exportation.
Les Eurobonds en forte hausse
Les Eurobonds, emprunts obligataires émis sur les marchés internationaux, ont également connu une trajectoire ascendante. Leur encours est passé de 2 358 milliards de FCFA en 2019 à 3 133 milliards en 2024. Après une légère baisse entre 2019 et 2023, leur valeur a augmenté de 630 milliards de FCFA en un an. Ils constituent à eux seuls 19 % de la dette extérieure de l’administration centrale.
Explosion des financements commerciaux hors Eurobonds
L’évolution la plus significative concerne les financements commerciaux hors Eurobonds. Leur encours a été multiplié par plus de douze en cinq ans, passant de 210 milliards de FCFA en 2019 à 2 539 milliards en 2024. Cette composante, qui représentait moins de 10 % de la dette commerciale en 2019, atteint désormais plus de 80 % de l’encours des Eurobonds. Leur progression fulgurante reflète une diversification des sources de financement auprès du secteur privé.
Les crédits à l’exportation en forte croissance
Les crédits à l’exportation ont également enregistré une hausse notable, passant de 252 milliards de FCFA en 2019 à 1 539 milliards en 2024. Leur poids dans la dette extérieure s’établit désormais à 9 %. Ces financements, souvent liés à des partenariats économiques internationaux, contribuent à structurer les échanges commerciaux du pays.
Au total, les trois principales composantes que sont les Eurobonds, les autres financements commerciaux et les crédits à l’exportation représentent 7 211 milliards de FCFA à fin 2024. Cette tendance souligne une dépendance accrue envers les marchés financiers privés pour le financement des dépenses publiques, avec des implications sur la gestion de la dette et la soutenabilité budgétaire.