Le gouvernement sénégalais tente de rassurer sur la gestion de sa dette, désormais estimée à 118,8 % du PIB, en présentant un plan de traitement et en engageant des audits externes. Une stratégie qui vise à restaurer la confiance des partenaires internationaux et à répondre aux exigences du Fonds monétaire international (FMI).
Un ratio dette/PIB explosif et des questions persistantes
Fin 2024, le ratio dette/PIB du Sénégal a été révisé à la hausse, passant de 74,4 % à 118,8 %, révélant une situation financière bien plus dégradée que prévu. Cette réévaluation a suscité des inquiétudes quant à la soutenabilité des finances publiques et à la gestion des engagements de l’État. Face à ce constat, le FMI a imposé un audit indépendant de la dette, confié au cabinet Forvis Mazars, chargé d’examiner les dettes identifiées par la Cour des comptes en février 2025.
Transparence et audits : entre exigences du FMI et revendications citoyennes
Alors que l’État mise sur un audit privé pour clarifier l’origine et la gestion de sa dette, la société civile, représentée notamment par le FRAPP, réclame un audit citoyen. Le mouvement a saisi les plus hautes autorités du pays pour obtenir des éclaircissements sur les montants révélés et sur la position du gouvernement. Cette tension illustre les défis de gouvernance auxquels doit faire face Dakar pour concilier exigences internationales et attentes locales.
Une trajectoire économique sous surveillance
La présentation du plan de traitement de la dette s’inscrit dans une refonte plus large de la trajectoire économique du Sénégal. Les discussions ont porté sur la relance de l’activité économique, la mobilisation des ressources internes et l’amélioration de l’environnement des affaires. Les autorités ont également évoqué la maîtrise des risques budgétaires, l’efficacité de la dépense publique et la préservation des dépenses sociales, des enjeux cruciaux pour éviter une crise de confiance.
Vers un nouvel accord avec le FMI ?
Les avancées dans les négociations entre le Sénégal et le FMI, notamment sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, laissent entrevoir un possible nouvel accord. Une rencontre entre le chef de l’État et la directrice générale du FMI en marge du sommet « Africa Forward » à Nairobi a été évoquée comme un tournant. La transparence dans la gestion des finances publiques apparaît désormais comme une condition sine qua non pour la reprise des discussions financières et la restauration de la confiance des partenaires.