Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lo prononcera sa Déclaration de politique générale (DPG) le mardi 8 septembre devant l'Assemblée nationale. Ce premier grand oral du chef du gouvernement intervient dans un contexte budgétaire exceptionally tendu, alors que le FMI a réévalué la dette publique du Sénégal à 132% du PIB fin 2024. L'accord de principe avec le Fonds pour un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois ajoute un poids supplémentaire sur les épaules du gouvernement : présenter une trajectoire crédible de désendettement devant les député·es.
Une DPG sous haute surveillance budgétaire
L'exercice de la Déclaration de politique générale constitue un moment politique majeur. Cette prise de parole, la première pour le Premier ministre depuis sa nomination, sera présidée par Ousmane Sonko, désormais président de l'institution parlementaire. Cette configuration politique renforce l'enjeu de l'exercice : le gouvernement devra convaincre au-delà de sa propre majorité, dans un hémicycle où chaque chiffre sera passé au crible.
132% du PIB : la révélation du FMI
Le chiffre avancé par le FMI a relégué au second plan les annonces officielles de l'administration précédente, qui affichait un niveau de dette publique bien plus bas. Pour le Fonds monétaire international, cette réévaluation constitue un cas inédit sur le continent africain. Cette situation exceptionnelle contraint désormais l'exécutif à révéler comment il compte ramener la trajectoire budgétaire vers la soutenabilité. Sur ce point précis, Al Aminou Lo sera nécessairement attendu.
Le programme FMI en toile de fond
La DPG intervient à peine une semaine après l'annonce d'un accord de principe entre le Sénégal et le FMI portant sur un programme de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois. Ce financement conditionnel implique des engagements précis en matière de gouvernance budgétaire. Le gouvernement doit démontrer qu'il peut concilier les exigences du programme avec les attentes sociales et les promesses politiques adressées aux Sénégalais. Les prochaines minutes du Premier ministre face aux député·es devront lever cette équation.