Détroit d'Ormuz : Téhéran convoque une réunion régionale sous haute tension sans Bahreïn

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 44 lectures
Détroit d'Ormuz : Téhéran convoque une réunion régionale sous haute tension sans Bahreïn

Une réunion diplomatique se tient ce lundi à Oman, à l'initiative de Téhéran, pour discuter de la gestion du détroit d'Ormuz. Alors que le trafic maritime mondial subit une chute drastique de 95 % depuis le début du conflit en février, cette rencontre vise à définir de nouvelles routes maritimes sous contrôle iranien, tout en maintenant le blocage actuel du passage.

Une stratégie de contrôle sous couvert de dialogue

Le ministère iranien des Affaires étrangères présente cette initiative comme une volonté de renforcer la sécurité régionale sans ingérence extérieure. Téhéran prévoit de soumettre aux délégations présentes les détails d'un accord conclu avec Oman concernant de nouveaux itinéraires. Toutefois, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a été formel : cet accord ne signifie en aucun cas la réouverture du détroit. L'Iran conditionne tout retour à la normale à la levée des sanctions américaines et au respect des engagements liés à un mémorandum d'entente signé en juin, qui a depuis volé en éclats.

Le refus diplomatique de Bahreïn

Le royaume de Bahreïn a officiellement décliné l'invitation, marquant une fracture au sein du Conseil de coopération du Golfe (GCC). Manama justifie cette absence par l'absence de relations diplomatiques rétablies avec Téhéran et dénonce une « politique d'apaisement » face à une situation sécuritaire dégradée. Le gouvernement bahreïni insiste sur le fait que la stabilité du détroit ne peut être garantie tant que les attaques contre les infrastructures régionales se poursuivent et que le passage n'est pas libre de toute contrainte, taxe ou permis imposé par les autorités iraniennes.

Une zone de transit sous haute pression militaire

La situation sur le terrain reste extrêmement volatile. Alors que le président américain Donald Trump affirme que Washington conserve le contrôle du détroit, les faits contredisent cette lecture : le trafic quotidien est passé d'une moyenne de 140 navires avant le conflit à seulement cinq ou sept aujourd'hui. Les incidents se multiplient, comme en témoigne l'attaque récente contre un navire commercial près de l'île de Qeshm, ayant causé un mort et quatre blessés. De son côté, le commandement de la marine des Gardiens de la révolution a lancé un défi aux forces navales américaines, les mettant en garde contre toute approche à moins de 100 kilomètres des zones sous contrôle iranien, illustrant l'impasse sécuritaire persistante dans cette artère vitale pour l'approvisionnement énergétique mondial.

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