Détournement de fonds au ministère de la Santé : deux cadres placés en garde à vue par la DIC

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 77 lectures
Détournement de fonds au ministère de la Santé : deux cadres placés en garde à vue par la DIC

Une affaire de détournement de deniers publics secoue le ministère de la Santé au Sénégal. Deux cadres de la Direction des ressources humaines (DRH) sont actuellement en garde à vue à la Division des investigations criminelles (DIC) pour leur implication présumée dans le détournement de 390 millions de francs CFA destinés aux allocations de stage des étudiants en septième année de médecine.

Les mis en cause, Pape Abdourahmane D. et Alioune S., sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, ainsi que blanchiment de capitaux. Les faits reprochés se seraient déroulés sur une période s'étendant d'avril 2021 à juillet 2026.

Un système de détournement via Orange Money

Le mécanisme frauduleux reposait sur une manipulation du système de paiement des allocations, versées par voie électronique. Les deux cadres auraient intégré les numéros de téléphone de leurs proches dans le fichier officiel des bénéficiaires. Ces derniers, après avoir reçu les fonds sur leurs comptes Orange Money, auraient systématiquement reversé les sommes aux deux responsables. Plus d'une dizaine de personnes auraient ainsi servi d'intermédiaires dans ce circuit financier occulte.

La découverte des anomalies à la DRH

La supercherie a été mise au jour suite à la nomination d'un nouveau gestionnaire à la DRH en juin 2025. Face à la multiplication des réclamations d'étudiants concernant des impayés, ce dernier a entrepris un audit des opérations financières des années précédentes. En collaboration avec l'opérateur financier, il a identifié des incohérences majeures, notamment la présence de numéros de téléphone personnels appartenant aux deux cadres directement dans les fichiers de paiement des étudiants.

Des justifications sans preuves matérielles

Lors de leurs auditions, les deux cadres ont reconnu avoir perçu directement des fonds, avec respectivement 81,4 millions de FCFA et 12,2 millions de FCFA versés sur leurs numéros personnels. Pour justifier ces mouvements financiers, les suspects ont invoqué des dépenses liées à des actions sociales, à la réparation de véhicules administratifs ou au fonctionnement de leurs services. Toutefois, ils n'ont été en mesure de produire aucun justificatif comptable pour étayer ces déclarations. L'enquête de la DIC se poursuit désormais pour clarifier l'intégralité du préjudice financier et déterminer les responsabilités précises de chaque acteur impliqué dans ce dossier.

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