Un an après avoir disparu avec 50 millions de Fcfa détournés à la mutuelle d'épargne et de crédit Mecfar, Abdoulaye Cissé Sabaly a été rattrapé par la justice sénégalaise à la frontière de Rosso, le 29 août 2026. Son interpellation met fin à une cavale qui l'avait mené jusqu'au Maroc, et ouvre la voie à un procès pour abus de confiance et détournement de fonds au sein d'une institution financière de proximité.
Un fugitif signalé aux frontières depuis novembre 2025
Abdoulaye Cissé Sabaly faisait l'objet d'une opposition à l'entrée et à la sortie du territoire national émise par le commissariat d'arrondissement de Mbao le 4 novembre 2025. Cette mesure faisait suite à un signalement transmis le 1er octobre 2025 aux fins d'arrestation et de conduite, après la découverte du détournement. Placé sous le coup d'une plainte déposée par Alioune Badiane, président du conseil d'administration de la Mecfar, le mis en cause avait pris la fuite avant que la procédure judiciaire ne puisse aboutir, gagnant le Maroc dans l'attente.
Le système Securiport déclenche l'interpellation à Rosso
C'est en tentant de franchir la frontière sénégalo-mauritanienne à Rosso que le fugitif a été identifié. Le système Securiport, dispositif de contrôle biométrique et signalétique utilisé aux points de passage, a détecté la correspondance avec le signalement en cours et permis son interpellation immédiate par le commissariat spécial de Rosso. Le suspect a d'abord été placé à la disposition du commissariat central de Saint-Louis, dans l'attente de son transfèrement, avant d'être acheminé au commissariat de Mbao le 30 août 2026, après avis du Procureur de la République.
Un dossier qui pèse sur la confiance dans les mutuelles
Le montant de 50 millions de Fcfa détournés, dans une structure d'épargne et de crédit de proximité, soulève la question des mécanismes de contrôle au sein des institutions financières communautaires. Pour la Mecfar, cette affaire dépasse le seul préjudice financier : elle touche directement la crédibilité de l'outil mutualiste auprès de ses membres. La suite de la procédure, désormais entre les mains de la justice, dira si les fonds peuvent être recouvrés et quelles sanctions seront retenues contre le principal suspect.