La Division des investigations criminelles (DIC) a procédé à l'interpellation de deux agents du ministère de la Santé et de l’Action sociale, soupçonnés d'être impliqués dans un détournement de fonds publics estimé à 390 millions de FCFA. Cette affaire met en lumière des failles potentielles dans la gestion administrative des ressources au sein de ce département ministériel.
Un système de malversations sur deux ans
Les investigations portent sur des faits présumés s'étendant du 29 avril 2021 au 17 juillet 2023. Selon les premiers éléments recueillis par les enquêteurs, les deux mis en cause auraient orchestré un système complexe de détournement de deniers publics sur une période de plus de deux ans. Les chefs d'accusation retenus contre eux sont lourds : association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, ainsi que blanchiment de capitaux.
Le rôle des agents dans la gestion des fonds
Les deux personnes interpellées occupaient des postes stratégiques au sein de l'administration. Pape Abdourahmane Diakhaté, 40 ans, exerçait en tant que gestionnaire à la Direction des ressources humaines (DRH), tandis qu'Alioune Sy, 47 ans, occupait la fonction d'adjoint au chef de la Division de la formation initiale. Leurs responsabilités respectives leur permettaient d'intervenir directement dans le suivi administratif et financier des allocations de stage, un secteur particulièrement exposé aux risques de gestion.
Des preuves numériques au cœur de l'enquête
L'implication des deux agents repose sur des éléments matériels identifiés par la police judiciaire. Au cours de l'enquête, les autorités ont relevé que les numéros de téléphone personnels des deux suspects étaient directement associés aux opérations financières litigieuses. Cette corrélation a permis aux enquêteurs de la DIC de cibler précisément les deux hommes comme les principaux responsables de ce préjudice financier, dont le montant provisoire s'élève à 390 millions de FCFA. Cette affaire souligne l'importance des mécanismes de contrôle interne dans la sécurisation des fonds alloués à la formation et aux ressources humaines au sein des institutions publiques.