Des dizaines de retraités de l'armée nigériane ont paralysé l'accès au Bureau des pensions militaires à Abuja ce mardi, exprimant leur vive opposition aux modalités de calcul de leurs pensions. Ce mouvement de protestation fait suite à une insatisfaction croissante concernant l'application des ajustements salariaux promis aux anciens combattants après la hausse des rémunérations des militaires en activité.
Un blocage en réponse à une formule jugée inéquitable
Dès 8 heures du matin, les manifestants ont installé des tentes et des chaises devant l'entrée du site de Dutse Alhaji, bloquant l'accès aux locaux sous la surveillance de soldats en armes. Selon le lieutenant-colonel à la retraite Innocent Azubike, coordinateur de l'Association des vétérans du Nigeria, la méthode de calcul adoptée par le Bureau des pensions ne reflète pas fidèlement les augmentations salariales accordées aux militaires en service. Les retraités estiment que cette formule les pénalise financièrement, ne tenant pas compte de la revalorisation globale actée par les autorités.
Le non-respect des engagements gouvernementaux
Cette mobilisation intervient dans un climat de tension sociale, quelques semaines seulement après une manifestation similaire devant le ministère de la Défense en septembre. Les retraités rappellent que le ministre de la Défense, le général à la retraite Christopher Musa, avait pourtant pris l'engagement en août dernier que les pensions seraient réévaluées dès le mois d'octobre. Cette promesse faisait suite à l'approbation par le président Bola Tinubu d'une hausse des salaires au sein des forces armées, censée s'appliquer par ricochet aux pensions des anciens militaires.
Un enjeu de justice sociale pour les anciens combattants
Le cœur du litige repose sur la mise en œuvre des ajustements dits « consécutifs ». Pour les vétérans, le décalage entre les promesses politiques et la réalité des versements perçus constitue une rupture de confiance. Alors que les retraités continuent de réclamer une révision transparente de la formule de calcul, la situation souligne les difficultés persistantes dans l'harmonisation des régimes de retraite au sein de l'appareil sécuritaire nigérian. Le maintien du blocage illustre la détermination des anciens militaires à obtenir une revalorisation qu'ils jugent proportionnelle à l'évolution des conditions de vie et aux décisions salariales prises par l'exécutif.