Lors d’une audition parlementaire, l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Daouda Ngom, a mis en lumière des irrégularités financières majeures dans le dispositif « Un étudiant, un ordinateur », notamment un versement de 21 milliards de FCFA effectué sans aucun contrat formel.
Le programme « Un étudiant, un ordinateur » et ses objectifs
Initié par le gouvernement sénégalais en 2022, le dispositif vise à équiper chaque élève du secondaire d’un ordinateur portable afin de favoriser l’inclusion numérique et de soutenir la continuité pédagogique. Financé par le budget de l’État et des partenaires internationaux, le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de digitalisation de l’éducation.
Les révélations de Daouda Ngom devant l’Assemblée
Au cours de son intervention, l’ex‑ministre a indiqué que 21 milliards de FCFA avaient été déboursés sans qu’aucun contrat d’achat n’ait été signé. Il a également souligné que plusieurs marchés avaient été attribués en dehors des procédures habituelles de passation, que des commandes massives, jugées excessives, avaient été passées, et que les dossiers justificatifs correspondants étaient introuvables. Ces éléments, selon lui, constituent des manquements graves aux règles de la commande publique.
Enjeux de gouvernance et risques pour les finances publiques
Le contournement des circuits réglementaires expose le budget de l’État à des pertes potentielles et soulève des questions de transparence et de responsabilité. En l’absence de contrats, il devient difficile de vérifier la conformité des achats, la qualité des équipements livrés et le respect des prix de marché. De telles pratiques peuvent également créer des opportunités de corruption et affaiblir la confiance des citoyens dans la gestion des fonds publics.
Perspectives et suites attendues
La dénonciation de Ngom devrait inciter les commissions parlementaires compétentes à lancer des audits approfondis et à demander des comptes aux autorités chargées du programme. Selon les procédures en vigueur, des sanctions administratives ou judiciaires pourraient être envisagées si les investigations confirment les irrégularités alléguées. Le débat s’inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la gouvernance des projets numériques en Afrique de l’Ouest.