La coalition ayant porté Bassirou Diomaye Faye au pouvoir fait face à une fronde croissante de ses alliés historiques. Ces derniers dénoncent une mise à l'écart systématique dans la prise de décision et une politique de nominations jugée injuste au profit de nouveaux ralliés.
Un sentiment d'exclusion au sein de la coalition
Depuis l'accession au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye, les leaders de la coalition initiale expriment un profond ressentiment. Ces alliés, qui ont soutenu le projet présidentiel dès les premières heures, déplorent l'absence totale de dialogue avec le chef de l'État. Selon plusieurs témoignages, aucune audience officielle ou informelle n'a été accordée à ces partenaires politiques, qui affirment avoir découvert des décisions majeures, telles que la création du nouveau parti Kiiraay, par voie de presse ou lors de rencontres avec d'autres corps constitués.
Le mécontentement face aux mesures individuelles
La tension a atteint un point critique suite au Conseil des ministres du 10 septembre. Les récentes nominations aux postes de responsabilité ont été perçues comme une « goutte d'eau de trop » par les membres de la coalition. Ces derniers estiment que les fonctions stratégiques sont désormais attribuées à des personnalités ayant rejoint le camp présidentiel tardivement, au détriment de ceux qui ont milité pour l'élection du président. Ce sentiment de déconsidération est exacerbé par le constat que ces nouveaux promus ne bénéficieraient pas, selon les contestataires, d'une légitimité ou d'un ancrage politique supérieur au leur.
Un risque de rupture politique
La grogne, qui s'exprime désormais ouvertement sur les canaux de communication internes de la coalition, témoigne d'une fracture profonde. Les leaders frustrés appellent à une prise de conscience rapide du chef de l'État, soulignant que leur silence passé ne doit pas être interprété comme une faiblesse. Certains responsables mettent en garde contre un « réveil brutal » si les doléances concernant le respect et la considération des alliés de la première heure ne sont pas prises en compte. Cet enjeu de gouvernance interne pose la question de la cohésion de la majorité présidentielle face aux défis politiques à venir.