Des témoignages internes révèlent la stratégie de Meta face à la protection des mineurs sur Instagram

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 17 lectures
Des témoignages internes révèlent la stratégie de Meta face à la protection des mineurs sur Instagram

Le géant technologique Meta fait face à une procédure judiciaire majeure à Oakland, où 29 États américains l'accusent d'avoir délibérément minimisé les risques liés à l'usage d'Instagram par les mineurs. Des témoignages internes, recueillis lors du procès, mettent en lumière un décalage entre les outils de protection déployés et leur réelle efficacité, soulevant des questions sur la responsabilité des plateformes numériques.

Des outils de protection jugés inefficaces en interne

George Volichenko, ancien analyste de données au sein de l'équipe « bien-être » d'Instagram, a révélé que les rappels incitant les adolescents à faire des pauses étaient suivis par seulement 0,2 % des utilisateurs. Malgré ces chiffres marginaux, la direction aurait écarté toute proposition visant à activer ces outils par défaut, préférant maintenir un système optionnel dont la faible adoption était connue. Selon le témoin, l'existence même de cette équipe répondait davantage à une stratégie de défense juridique qu'à une volonté réelle de modifier les comportements des utilisateurs.

La culture de l'évitement des traces écrites

Le procès a également mis en exergue des pratiques visant à limiter la transparence au sein de l'entreprise. Francesco Fogu, directeur de la conception chez Instagram, a été interrogé sur des documents internes admettant que les outils de limitation du temps d'écran servaient essentiellement de vitrine. Plus grave encore, des échanges révèlent que les services juridiques de Meta auraient fait retirer d'une présentation destinée à la direction des statistiques montrant que les adolescents étaient 50 % plus exposés aux contenus interdits que les adultes, afin d'éviter de laisser des preuves écrites de cette connaissance.

Un enjeu judiciaire et financier majeur

Face à ces accusations, Meta souligne le déploiement en 2024 de « comptes ados » aux réglages plus restrictifs par défaut et conteste toute volonté de tromperie. La coalition d'États plaignants, menée notamment par la Californie et le Colorado, réclame des pénalités pouvant atteindre 200 milliards de dollars ainsi qu'une refonte structurelle des plateformes Facebook et Instagram. Si le verdict du jury, attendu entre fin septembre et début octobre, ne sera que consultatif, la décision finale de la juge Yvonne Gonzalez Rogers pourrait marquer un tournant dans la régulation des réseaux sociaux et la protection des mineurs en ligne.

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