Lors de la 18ᵉ édition du Salon international de l'artisanat de Ouagadougou, des militaires blessés en opérations ont présenté leurs propres toiles, transformant leurs expériences de guerre en œuvres d’art. Cette initiative, portée par l'Agence de soutien aux veuves, orphelins et victimes de guerre (ASVOVIG), montre comment la création picturale devient à la fois un moyen d’expression et un levier de reconstruction psychologique.
Un stand au SIAO dédié aux récits visuels des combattants
Installé dans le pavillon « Soleil levant », le stand de l’ASVOVIG a attiré l’attention des visiteurs grâce à la variété et à la profondeur des tableaux exposés. Les œuvres, réalisées par des soldats blessés, ne sont pas de simples décorations ; elles traduisent des moments vécus, des émotions et des messages de résilience. Le caporal Paul Bernard Somda, l’un des artistes, explique que chaque tableau raconte une histoire qu’il n’arrivait pas à verbaliser autrement.
L’art comme outil de réhabilitation et de motivation
Pour ces militaires, la peinture dépasse le cadre esthétique. Le processus créatif, qui nécessite au minimum 48 heures de travail, débute par la fabrication d’un cadre en bois, la pose d’un tissu, la préparation du fond, puis la mise en couleur. Cette discipline impose concentration et patience, deux qualités essentielles à la reconstruction du moral. « À travers la peinture, on se retrouve », affirme le caporal, soulignant que l’activité artistique redonne confiance et inspire de nouveaux projets.
Solidarité féminine illustrée sur toile
Plusieurs tableaux mettent en avant le rôle des femmes dans le soutien aux forces armées. L’une des pièces représente des femmes du Burkina Faso, du Mali et du Niger transportant du maïs, du bois, du coton et de l’or, symbolisant la contribution des mères et sœurs à l’effort collectif. Selon Somda, ces images traduisent la motivation que les combattants tirent du soutien maternel et communautaire, renforçant le lien entre le front et le foyer.
Une exposition‑vente et un espace de création participative
Les œuvres sont proposées à la vente, les prix allant de 100 000 à 300 000 FCFA selon la taille et la complexité. Le stand offre également un tableau vierge où les visiteurs peuvent s’essayer à la peinture, créant ainsi un dialogue direct entre les artistes militaires et le public. L’initiative bénéficie du soutien de l’association Africulture, qui assure des formations en arts plastiques aux soldats, consolidant le projet au-delà du salon.