Une enquête d'Amnesty International met en lumière des pratiques de recrutement abusives orchestrées par la Russie, ciblant des ressortissants étrangers pour renforcer ses troupes sur le front ukrainien. Ces individus, souvent attirés par de fausses promesses d'emploi ou contraints par des menaces, se retrouvent propulsés dans des combats de haute intensité sans préparation adéquate.
Des méthodes de recrutement basées sur la tromperie
Le mode opératoire documenté par l'ONG repose sur l'exploitation de la vulnérabilité. Des migrants en situation irrégulière, des réfugiés ou des personnes faisant face à des poursuites pénales se voient proposer des contrats militaires comme alternative à l'expulsion ou à l'incarcération. Parallèlement, des candidats à l'expatriation sont attirés par des offres d'emploi fictives dans des secteurs civils tels que la logistique, la construction, l'informatique ou la restauration. Une fois sur le sol russe, ces recrues voient leurs documents d'identité et leurs moyens de communication confisqués, les plaçant dans une situation de dépendance totale.
Une réalité brutale sur le front ukrainien
Les témoignages recueillis auprès de prisonniers de guerre et de proches révèlent une réalité tragique : des individus recrutés pour des postes de soutien, comme cuisinier ou chauffeur, sont envoyés en première ligne après une formation sommaire ne dépassant pas deux semaines. Confrontés à une guerre technologique dominée par les drones, ces soldats étrangers, souvent handicapés par la barrière de la langue, sont exposés à des risques extrêmes. La secrétaire générale d'Amnesty International, Agnès Callamard, qualifie ces pratiques de traite des êtres humains, soulignant que ces recrues sont utilisées comme « chair à canon ».
Menaces et absence d'issue pour les recrues
La contrainte physique et psychologique est omniprésente. Des témoignages font état de menaces de mort ou d'emprisonnement proférées par des commandants à l'encontre de ceux qui tentent de contester leur enrôlement ou de déserter. Cette situation place les ressortissants étrangers dans une impasse totale, privés de liberté de mouvement et sous la menace constante de représailles. Face à ces constats, Amnesty International exhorte Moscou à cesser immédiatement ces pratiques et appelle les États dont les citoyens sont concernés à renforcer la prévention et l'information auprès de leurs ressortissants face à ces réseaux de recrutement frauduleux.