Face à l'acquittement de l'ancienne ministre nigériane des Ressources pétrolières, Diezani Alison-Madueke, par la justice britannique, plusieurs organisations de la société civile exigent que le Nigeria maintienne ses propres procédures judiciaires. Ces acteurs de la société civile soulignent la nécessité de distinguer les poursuites pénales internationales des dossiers nationaux de recouvrement d'actifs.
La distinction entre procédure pénale et recouvrement d'actifs
Lors d'une conférence de presse virtuelle, des organisations telles que l'ANEEJ, le CISLAC et HEDA ont insisté sur l'indépendance des cadres juridiques. Selon le directeur exécutif de l'ANEEJ, le révérend David Ugolor, le verdict prononcé par la Southwark Crown Court au Royaume-Uni ne saurait clore les dossiers en cours au Nigeria. Il explique que si le procès britannique visait à établir une culpabilité pénale, les procédures nigérianes se concentrent, elles, sur le statut et la propriété d'actifs spécifiques, des enjeux juridiques fondamentalement différents.
L'exigence de transparence sur la gestion des biens saisis
Au-delà de la poursuite des dossiers, les organisations ont vivement critiqué la gestion actuelle des actifs faisant l'objet de procédures de saisie. Elles dénoncent un manque de visibilité sur la localisation et le devenir des biens associés à l'ancienne ministre. Les intervenants appellent les autorités nigérianes à instaurer une transparence accrue, permettant aux citoyens d'accéder aux informations sur le statut de ces actifs via des registres publics, afin de garantir une gestion rigoureuse des ressources recouvrées.
Le calendrier judiciaire nigérian sous surveillance
La question de l'impact du jugement britannique sur la justice nigériane est déjà au cœur des débats judiciaires locaux. En juillet 2026, la Haute Cour fédérale a autorisé la défense de Diezani Alison-Madueke à présenter le verdict britannique comme élément de preuve dans une affaire de confiscation d'actifs au Nigeria. Alors que cette affaire a été ajournée au 6 octobre 2026, les organisations de la société civile exhortent les autorités nationales à poursuivre les procédures en toute indépendance, en veillant au respect strict des voies légales et à la reddition de comptes concernant la gestion des biens publics.