Des juges de la Cour suprême du Nigeria sous le coup d'une interdiction de visa américaine

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 2 lectures
Des juges de la Cour suprême du Nigeria sous le coup d'une interdiction de visa américaine

La juge Uwani Abba-Aji, lors de son départ à la retraite, a révélé que plusieurs magistrats de la Cour suprême du Nigeria font l'objet d'une interdiction de visa imposée par les États-Unis. Cette mesure diplomatique fait suite à un arrêt controversé rendu par la haute juridiction en 2020, perçu par Washington comme une atteinte à l'intégrité du processus électoral.

L'origine du contentieux électoral

La sanction viserait les membres du panel de sept juges qui, le 14 janvier 2020, a annulé l'élection du candidat du Parti démocratique populaire (PDP), Emeka Ihedioha, au poste de gouverneur de l'État d'Imo. La Cour avait alors ordonné l'investiture de Hope Uzodimma, candidat du Congrès des progressistes (APC), qui était arrivé quatrième lors du scrutin initial. Cette décision avait suscité une vive controverse, la Cour ayant intégré dans son décompte final des résultats issus de 388 bureaux de vote, alors même que la Commission électorale nationale indépendante (INEC) les avait rejetés.

Une décision judiciaire isolée et contestée

Le verdict, rendu sous la présidence du juge Tanko Muhammad, a marqué les esprits par son caractère exceptionnel. À l'époque, le juge Centus Nweze avait exprimé une opinion dissidente, qualifiant l'arrêt de « mauvaise foi » et prévenant qu'il hanterait durablement la jurisprudence électorale nigériane. Malgré les recours déposés par le candidat évincé pour obtenir une révision, la Cour suprême avait maintenu sa position, confirmant l'installation de M. Uzodimma.

La défense de l'indépendance judiciaire

Pour la juge Abba-Aji, qui quitte ses fonctions après avoir atteint l'âge limite de 70 ans, ces sanctions américaines constituent « le prix à payer » pour préserver ce qu'elle nomme la « chasteté de la justice ». Elle soutient que l'arrêt a été largement mal interprété par l'opinion publique et les observateurs internationaux. Lors de la session solennelle marquant son départ, la présidente de la Cour suprême, Kudirat Kekere-Ekun, a tenu à saluer la carrière exemplaire de sa consœur, soulignant son rôle pionnier pour les femmes au sein de la magistrature nigériane depuis ses débuts en 1973.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.