À quelques jours de l'ouverture de la 81e édition de la Mostra de Venise, un collectif d'artistes et d'intellectuels exige une prise de position formelle du festival face à la situation à Gaza. Cette mobilisation, portée par des personnalités telles qu'Annie Ernaux, Adèle Haenel et Roger Waters, vise à transformer l'attention médiatique en un levier d'action politique concret.
Un appel à la visibilité institutionnelle
Le collectif Venise4Palestine, qui réitère son interpellation un an après une première initiative, demande au festival d'adopter des gestes symboliques forts. Parmi les requêtes figure l'installation du drapeau palestinien aux côtés des autres pavillons nationaux durant toute la durée de l'événement. Les signataires insistent également sur le soutien nécessaire à la sélection officielle de deux œuvres cinématographiques : Mowaten Osama d'Ahmed Hassouna et Hiwar ma' albahr de Muayad Alayan, qui documentent les réalités quotidiennes et les contraintes bureaucratiques vécues par les Palestiniens.
L'intégration de documentaires sur le conflit
La programmation du festival a récemment été marquée par l'ajout de dernière minute du documentaire NAZA, réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor. Ce film, qui analyse les mécanismes du conflit à Gaza, s'inscrit dans une volonté des organisateurs de maintenir le sujet au cœur des débats. Cette intégration répond en partie à la pression exercée par les milieux culturels qui souhaitent que le cinéma serve de miroir aux enjeux géopolitiques actuels, plutôt que de simple espace de divertissement.
Débats et enjeux de droit international
Au-delà des projections, le collectif organise, le 8 septembre, une table ronde intitulée « Et pourtant Gaza continue de brûler – À quoi bon regarder si nous n'agissons pas ? ». Prévue dans le cadre des Giornate degli Autori, cette rencontre réunira des experts en droit international ainsi que des représentants de la Global Sumud Flotilla. L'objectif affiché est de dépasser l'émotion pour interroger la responsabilité des institutions culturelles face à ce que les signataires qualifient de « massacre calculé de civils », tout en dénonçant l'illusion d'un cessez-le-feu qui, selon eux, n'a pas mis fin aux exactions dans la région.